Devis assurance auto
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Ce que ce questionnaire mesure
Le parcours suit l'ordre dans lequel un assureur construit son risque : le véhicule, l'usage, le conducteur, l'historique, puis les garanties. Deux familles de réponses s'y mêlent. Les unes déplacent la cotisation, et une erreur s'y corrige par un recalcul. Les autres décident si une garantie jouera le jour du sinistre. Celles-là ne se rattrapent pas.
À avoir sous la main
- la carte grise du véhicule
- le permis de conduire et sa date d'obtention
- le relevé d'information de votre assureur actuel, réclamé avant de commencer
- le permis et l'âge des personnes qui conduisent la voiture de temps en temps
- l'adresse et le type de stationnement de nuit : garage fermé, parking collectif, voie publique
- la date de souscription et la date d'échéance de votre contrat en cours
- le kilométrage annuel relevé au compteur, pas celui que vous pensiez faire
- les sinistres des trois dernières années, avec leur date et la part de responsabilité retenue
La réponse qui engage le plus
Le lieu de stationnement nocturne. Il ne pèse pas seulement sur la cotisation : le contrat en fait souvent une condition de la garantie vol. Déclarer un garage fermé dont vous n'avez plus la clé, ou que vous n'utilisez jamais, revient à préparer un refus d'indemnité pour le matin où la voiture aura disparu de la rue.
Étape 1. Lire le relevé d'information avant de répondre
Sous la question du coefficient, le questionnaire glisse un conseil : « en cas de doute, indiquez 1,00 ». C'est précisément la réponse à ne pas donner. Le coefficient ne se devine pas, il se lit, et déclarer un chiffre faux expose aux sanctions des articles L113-8 et L113-9 du code des assurances, même sans mauvaise foi.
Votre assureur vous remet un relevé d'information lors de la résiliation du contrat par l'une des parties, et dans les quinze jours à compter de votre demande expresse (annexe à l'article A121-1 du code des assurances, article 12). Quinze jours : de quoi le réclamer avant de remplir quoi que ce soit. Le document récapitule les véhicules assurés, les périodes de couverture, le coefficient de réduction-majoration et la liste des sinistres avec leur date et la part de responsabilité retenue.
Ce dernier point surprend souvent. Un accident non responsable figure sur le relevé sans modifier le coefficient. Un vol, un incendie, un bris de glace ou un stationnement heurté par un tiers non identifié n'entraînent ni majoration ni perte de réduction (article 7 de la même annexe). Ils restent visibles, et certains assureurs en tiennent compte au moment d'accepter le risque. Visible n'est donc pas synonyme de pénalisant.
Les règles du coefficient tiennent en quelques lignes, et elles sont plus clémentes que leur réputation. Départ à 1,00. Moins 5 % par année sans sinistre, plancher à 0,50. Plus 25 % par sinistre responsable, la moitié en responsabilité partagée, plafond à 3,50. Surtout : après deux années consécutives sans sinistre, le coefficient ne peut plus être supérieur à 1 (articles 4 et 5). Un 1,25 s'efface en deux ans, même si la majoration a été payée entre-temps. Les usages « tournées » et « tous déplacements » relèvent, eux, de taux dérogatoires de 7 % et 20 %.
Deux mécanismes évitent des déclarations inexactes. Le coefficient acquis au titre du véhicule désigné est automatiquement transféré en cas de remplacement de ce véhicule ou d'acquisition d'un véhicule supplémentaire, sous la seule réserve que les conducteurs habituels demeurent les mêmes (article 10). Et une interruption de contrat laisse le taux acquis : elle ne prive d'une réduction nouvelle que si elle dépasse trois mois, une interruption au plus égale à trois mois restant sans effet (article 9). Trois mois pile ouvrent le droit.
Reste le conducteur sans relevé : jamais assuré à son nom, ou de retour de l'étranger. L'assureur applique alors la majoration prévue pour ce profil. La conduite accompagnée en abaisse le plafond de moitié, et une attestation d'assurance étrangère détaillant l'historique des sinistres peut être versée au dossier. Demandez-la avant de quitter le pays : elle s'obtient mal à distance.
coefficient bonus-malus · Calculer son coefficient · Conducteur résilié par son assureur
Étape 2. Situer le prix : ce que publie France Assureurs pour 2025
Un repère avant de lire des propositions : en 2025, la prime moyenne d'un véhicule de 1re catégorie assuré en mono contrat s'établissait à 511 € hors taxes, en hausse de 6,5 % sur un an (France Assureurs, « Le marché de l'assurance automobile des particuliers en 2025 »). Hors taxes : la taxe sur les conventions d'assurance s'ajoute à ce que vous réglez, et un devis affiché toutes taxes comprises ne se compare pas directement à ce montant.
Cette moyenne mélange citadines et berlines, formules au tiers et tous risques, grandes villes et campagnes. Elle ne juge pas votre devis : elle signale celui qui s'en éloigne beaucoup. Quant au prix moyen d'une tous risques, il n'existe pas de réponse sourcée. France Assureurs publie une moyenne toutes formules confondues, pas une moyenne par formule. Un chiffre présenté comme le prix moyen d'une tous risques ne vient donc pas de là.
La hausse a une cause documentée. Le ratio combiné comptable net de l'automobile des particuliers atteignait 101,2 % des primes en 2025, en progression de 0,9 point : la branche a versé et géré davantage qu'elle n'a encaissé. Le parc assuré de 1re catégorie comptait 46,0 millions de véhicules, pour 26,9 milliards d'euros de cotisations.
Une part de la hausse ne dépend d'aucun assureur. Depuis le 1er janvier 2025, la surprime destinée au régime des catastrophes naturelles est fixée, pour les véhicules, à 9 % des primes afférentes aux garanties vol et incendie, ou à défaut 0,75 % des primes de garanties dommages (code des assurances, article A125-2, arrêté du 22 décembre 2023). Les taux antérieurs étaient de 6 % et 0,5 %.
Dernier chiffre, et c'est celui qui autorise à bouger : 14,5 % des contrats ont été résiliés en 2025, contre 14,0 % en 2024, et les affaires nouvelles ont représenté 16,2 % du parc. Changer d'assureur n'a rien d'exceptionnel. Que ce soit « le moment de comparer » reste une recommandation de notre part ; le fait vérifiable, c'est qu'un peu plus d'un contrat sur sept a été résilié dans l'année.
Étape 3. Distinguer ce qui fait bouger le prix de ce qui fait bouger la garantie
Toutes les questions n'engagent pas la même chose, et la distinction mérite d'être gardée en tête jusqu'à la dernière page du formulaire.
Certaines réponses agissent sur la cotisation : kilométrage annuel, ancienneté du permis, lieu de résidence, puissance et âge du véhicule. Une erreur se corrige par un recalcul de prime tant qu'aucun sinistre n'est survenu.
D'autres conditionnent l'existence même d'une garantie. Le stationnement nocturne commande le vol. L'usage déclaré, privé ou professionnel, commande la couverture des trajets. Le conducteur habituel désigné commande à peu près tout le reste.
Ce dernier point concerne beaucoup de familles. Déclarer un parent comme conducteur principal d'une voiture conduite chaque jour par un jeune du foyer est une fausse déclaration. Involontaire et découverte après le sinistre, elle réduit l'indemnité en proportion du rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due (article L113-9). Intentionnelle et de nature à changer l'objet du risque ou à en diminuer l'opinion pour l'assureur, elle rend le contrat nul (article L113-8).
Une précision change la portée de cette nullité, et rarement dans le sens qu'on imagine. La nullité d'un contrat souscrit au titre de l'obligation d'assurance automobile n'est pas opposable aux victimes ni à leurs ayants droit (article L211-7-1). L'assureur les indemnise, puis exerce son recours contre le responsable. La fausse déclaration ne prive donc pas la victime : elle laisse l'assuré seul devant la dette.
La réponse exacte, c'est de déclarer le jeune comme conducteur secondaire, puis de faire chiffrer les deux voies, secondaire sur le contrat du foyer et contrat à son nom, avant de trancher. Et la surprime de conducteur novice s'éteint d'elle-même : plafonnée à 100 % de la prime de référence, ramenée à 50 % pour un permis obtenu en conduite accompagnée, elle est réduite de la moitié de son taux initial après chaque année sans sinistre responsable (article A335-9-1). Le même article permet à un nouvel assureur d'appliquer la surprime que le précédent pouvait exiger : rester en place n'accélère rien.
Étape 4. Déclarer ce que le questionnaire ne demande pas
Un formulaire ne pose que les questions qu'il connaît. Quatre sujets lui échappent régulièrement, et ils se signalent à l'assureur par écrit.
La remorque et la caravane d'abord. Elles relèvent de l'obligation d'assurance de responsabilité civile, attelées comme dételées. Au-delà du poids total autorisé en charge fixé par la réglementation, une assurance propre est exigée ; en deçà, la responsabilité civile du véhicule tracteur s'étend en général à l'ensemble attelé, sous réserve d'une déclaration. Cette extension ne couvre que les dommages causés aux tiers. Ceux subis par la remorque elle-même relèvent d'une garantie distincte, qu'il faut demander.
Les aménagements et équipements ajoutés ensuite : attelage, coffre de toit, porte-vélos, électronique embarquée, sonorisation. Ils ne sont couverts qu'une fois déclarés, et leur valeur s'ajoute à celle du véhicule d'origine.
Les conducteurs occasionnels, enfin. Un enfant récemment titulaire du permis, un proche qui emprunte la voiture le week-end : leur usage régulier se déclare. Ce que le contrat prévoit à défaut varie d'un assureur à l'autre, franchise majorée, exclusion ou déchéance, et cela se lit dans les conditions générales avant d'en faire une règle. Un point est certain en revanche : en responsabilité civile automobile obligatoire, ces clauses ne sont pas opposables à la victime. L'assureur paie pour le compte du responsable, puis se retourne contre lui.
Le stationnement, pour finir, ne se déclare pas une fois pour toutes. Un déménagement, un changement de place de parking, la perte de l'accès à un garage fermé se signalent en cours de contrat, sous peine de retomber sur les sanctions de l'étape 3.
Étape 5. Lire deux devis côte à côte
Deux propositions au même tarif ne promettent pas la même chose. Cinq lignes suffisent à les départager.
La liste des garanties incluses et celle des options, d'abord, en repérant ce qui est annoncé comme inclus alors qu'il s'agit d'un plafond très bas.
Les franchises ensuite, poste par poste : dommages tous accidents, vol, bris de glace, catastrophes naturelles. C'est là que se logent les écarts entre deux devis d'apparence proche, et c'est la ligne la plus souvent survolée. Une ligne échappe à cette comparaison : en catastrophe naturelle, la franchise réglementaire est de 380 € par véhicule (article A125-6-1), et un contrat ne peut pas descendre sous ce minimum ; pour un véhicule à usage professionnel, c'est la franchise du contrat qui s'applique si elle lui est supérieure.
Les exclusions propres au contrat, qui figurent dans les conditions générales et rarement dans le tableau commercial. Le déclenchement de l'assistance, à zéro kilomètre du domicile ou au-delà d'un seuil. Et le mode de calcul de l'indemnité en cas de destruction : valeur à dire d'expert, valeur d'achat pendant une période donnée, ou valeur de remplacement.
Un document accélère la comparaison : le document d'information normalisé, remis avant la conclusion du contrat. Son format est imposé par le règlement d'exécution (UE) 2017/1469, sur deux faces d'un A4, trois au maximum, avec les mêmes rubriques d'un assureur à l'autre. Demandez-le pour chaque proposition, et commencez par la rubrique des exclusions.
Un mot enfin sur la garantie du conducteur, souvent mal comprise. Elle est la seule à couvrir vos propres dommages corporels lorsque vous êtes responsable. Les dommages tous accidents, le vol, l'incendie et le bris de glace indemnisent eux aussi un assuré responsable, mais sur le véhicule. Et dès qu'un tiers est impliqué, la loi du 5 juillet 1985 ouvre au conducteur victime un droit à indemnisation par l'assureur du responsable.
Lire le document d'information normalisé
Étape 6. Passer du devis au contrat sans trou de couverture
Un devis ne vous engage pas, et il n'engage pas davantage l'assureur : la proposition d'assurance n'engage ni l'assuré ni l'assureur, seule la police ou la note de couverture constate leur engagement réciproque (article L112-2). Tout se joue donc sur une date, celle d'effet du nouveau contrat.
Si votre contrat a plus d'un an, vous pouvez le résilier à tout moment, sans frais ni motif. Un détail est souvent oublié : la résiliation prend effet un mois après que l'assureur en a reçu la notification, et non le lendemain (articles L113-15-2 et R113-11). Pour la responsabilité civile automobile, le nouvel assureur effectue lui-même les formalités pour votre compte, et les deux organismes veillent à l'absence d'interruption de couverture. Calez la date d'effet sur ce mois-là, pas sur la date de signature.
Pendant la première année, la voie ordinaire reste la résiliation à l'échéance annuelle. Le préavis est celui que prévoit le contrat, et la loi le plafonne à deux mois : envoyer deux mois avant l'échéance suffit toujours, un contrat peut prévoir plus court, jamais plus long. Le délai court à partir de la date figurant sur le cachet de la poste ou de la date d'expédition de la notification (article L113-12).
Deux idées fausses coûtent cher à ce moment-là. La première consiste à croire que le contrat s'arrête de lui-même à l'échéance : il se reconduit tacitement, et un contrat non résilié reste dû. La seconde consiste à penser que la vente du véhicule y met fin sur-le-champ. L'assurance est suspendue le lendemain de l'aliénation à zéro heure, et le contrat n'est résilié de plein droit qu'à l'expiration d'un délai de six mois, sauf résiliation par l'une des parties (article L121-11).
Autre réflexe à corriger : il n'existe pas de délai de renonciation de quatorze jours pour une assurance de responsabilité civile automobile obligatoire souscrite à distance. Le code des assurances l'exclut expressément de ce droit de renonciation (article L112-2-1). Ce qui vous protège ici n'est pas un droit de repentir, c'est une date d'effet calculée.
Une dernière chose, et elle change la façon dont une erreur de date se paie. Depuis le 1er avril 2024, la carte verte et la vignette apposée sur le pare-brise ont disparu. Le contrôle se fait dans le fichier des véhicules assurés, que les assureurs alimentent. Le justificatif ne dort donc plus dans la boîte à gants : un contrat qui démarre trois jours trop tard ne se rattrape pas au bord de la route.
Changer d'assurance auto · Résilier son assurance auto · Calculer la date de résiliation
Gratuit et sans engagement, concrètement
Demander un devis ne crée aucune obligation de souscrire, et vous pouvez abandonner le questionnaire à tout moment. Vos réponses servent à établir les propositions qui vous sont faites ; la page sur la confidentialité décrit l'usage qui en est fait.
Une erreur de bonne foi corrigée avant la souscription se règle par un recalcul de cotisation. Découverte après un sinistre, elle peut réduire l'indemnité à proportion de l'écart de prime.
Un devis ne vous engage pas, et il n'engage pas davantage l'assureur : selon le code des assurances, la proposition d'assurance n'engage ni l'assuré ni l'assureur, et seule la police ou la note de couverture constate leur engagement réciproque (article L112-2). Faites préciser par écrit la date d'effet et, si l'assureur en indique une, la période pendant laquelle il maintient le tarif proposé.
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