Étape 1 : comprendre ce que couvre l'obligation, et pourquoi elle existe
L'obligation vient d'une présomption du code civil, et c'est elle qui explique tout le reste. L'article 1733 dispose que le locataire répond de l'incendie, à moins qu'il ne prouve que le feu est arrivé par cas fortuit ou force majeure, par vice de construction, ou qu'il s'est communiqué par une maison voisine. Son voisin de rédaction, l'article 1732, ajoute qu'il répond des dégradations survenues pendant sa jouissance, sauf à prouver qu'elles ont eu lieu sans sa faute. Autrement dit, la charge de la preuve pèse sur vous.
La garantie des risques locatifs paie au bailleur ce que la loi met à votre charge : incendie, explosion, dégâts des eaux causés au logement. L'article 7 g de la loi du 6 juillet 1989 impose de vous assurer contre ces risques et d'en justifier lors de la remise des clés, puis chaque année à la demande du bailleur.
Trois garanties portent des noms voisins et ne couvrent pas la même chose. Les risques locatifs indemnisent le propriétaire pour le logement. La garantie du contenu indemnise vos meubles et vos affaires. Le recours des voisins et des tiers indemnise le voisin dont le plafond s'est effondré à cause de votre fuite. Un contrat d'entrée de gamme peut ne contenir que la première : elle satisfait l'obligation, elle ne vous laisse rien.
Le plafond des risques locatifs se relit d'ailleurs à chaque échéance. Il est fixé à la souscription, sur la valeur du bien à ce moment-là, et il ne se met pas à jour tout seul.
Le meublé et le bail mobilité relèvent du même régime, les articles 25-3 et 25-12 de la loi de 1989 renvoyant à l'article 7. La location saisonnière, elle, sort de l'obligation légale : la couverture y dépend du contrat de location et de votre propre contrat d'habitation.
Étape 2 : remettre l'attestation, et ce qui arrive sans elle
- L'attestation se remet lors de la remise des clés, puis chaque année à la demande du bailleur. Elle suffit : rien n'oblige à communiquer les conditions particulières complètes, qui portent votre capital mobilier et vos options.
- Si le bail le prévoit, le bailleur peut souscrire une assurance pour le compte du locataire qui ne justifie pas de la sienne, un mois après une mise en demeure restée sans effet (article 7 g). C'est une faculté conditionnée à une clause du bail, pas un droit général.
- Ce contrat souscrit d'office couvre vos risques locatifs, pour votre compte. Il ne couvre pas vos biens, et il n'a pas été choisi par vous.
- La prime est récupérable sur le locataire, majorée de 10 % au plus, par douzièmes avec le loyer, et elle figure sur l'avis d'échéance et la quittance. Une copie du contrat vous est transmise.
- Point que les comparateurs oublient : en exerçant cette faculté, le bailleur renonce à la clause résolutoire pour défaut d'assurance. Il choisit entre vous assurer d'office et vous faire partir, pas les deux.
- S'il ne l'exerce pas, la clause résolutoire du bail reste ouverte. Elle ne produit effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux.
Ce que le bailleur peut exiger, et ce qu'il ne peut pas
Le bailleur ne peut pas vous imposer son assureur. L'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 prive d'effet la clause par laquelle le locataire est obligé de souscrire une assurance auprès d'une compagnie choisie par le bailleur : elle est tenue pour non écrite. Une telle clause figurant au bail ne vous oblige à rien.
Le bail peut en revanche prévoir des garanties supplémentaires, au-delà des risques locatifs. Lisez-le avant de choisir votre formule, parce qu'une exigence contractuelle plus large que la loi reste une exigence contractuelle.
En colocation, chaque signataire du bail est tenu de l'obligation. Deux montages existent : un contrat unique au nom de tous les colocataires, ou un contrat par occupant. Le bail détermine lequel convient, et un colocataire absent du contrat d'assurance n'est pas couvert.
Étape 3 : chiffrer le contenu sur un inventaire
Le capital mobilier déclaré plafonne l'indemnité. Le surévaluer ne rapporte rien : l'assurance de dommages est indemnitaire, et l'article L121-1 interdit à l'indemnité de dépasser la valeur de la chose assurée au moment du sinistre. Vous payez une cotisation sur un capital que vous ne toucherez jamais.
Le sous-évaluer expose en revanche à la règle proportionnelle de capitaux : l'indemnité est réduite dans la proportion de la sous-déclaration. Cette règle n'est pas d'ordre public, l'article L121-5 se terminant par « sauf convention contraire » : certains contrats y renoncent, la ligne se cherche aux conditions générales.
Entre les deux, il y a l'inventaire. Photos par pièce, factures des biens de valeur, numéros de série des appareils, le tout conservé hors du logement, dans un espace en ligne ou chez un proche. La preuve d'une perte peut se faire par tout moyen, mais l'inventaire est la pièce qui la rend simple au lieu de la rendre longue.
Trois catégories appellent une attention particulière parce qu'elles relèvent de sous-plafonds distincts du capital global : les bijoux et objets précieux, le matériel informatique, les instruments de musique et les vélos. Ces sous-plafonds figurent aux conditions particulières, en chiffres.
Reste le mode d'indemnisation, qui change tout sur les appareils. En valeur d'usage, un téléviseur de six ans est indemnisé vétusté déduite. En rééquipement à neuf, il est remplacé par un modèle équivalent neuf, dans les limites et la durée prévues au contrat. L'écart de cotisation entre les deux est souvent plus faible que l'écart d'indemnité.
Étape 4 : lire les conditions de la garantie vol
La garantie vol ne couvre pas tous les vols, mais ceux commis selon les modes opératoires que le contrat énumère : effraction, escalade, usage de fausses clés, introduction clandestine, violence ou menace sur les personnes. Un vol commis par une porte laissée ouverte sort de ce cadre.
Les conditions de prévention s'ajoutent à cette liste. Serrure d'un type déterminé, volets fermés la nuit, alarme en service : ces exigences sont contractuelles et elles sont opposables. La clause d'absence prolongée fixe de son côté une durée au-delà de laquelle la garantie est limitée, ce qui concerne toutes les vacances longues.
L'indemnisation obéit ensuite aux mêmes règles que le reste du contenu : sous-plafonds par catégorie et vétusté, sauf rééquipement à neuf.
Sur les démarches, deux points sont souvent confondus. Le dépôt de plainte n'est imposé par aucun texte : c'est une condition du contrat, à vérifier dans les conditions générales. Le délai de déclaration à l'assureur, lui, est légal : le contrat ne peut pas le fixer en dessous de deux jours ouvrés en cas de vol (article L113-2, 4°).
Étape 5 : en cas de dégât des eaux, trouver l'origine et suivre la convention IRSI
Le problème est toujours le même : l'eau coule, la responsabilité se discute, et la discussion dure pendant que le parquet gonfle. Les dégâts des eaux représentent 39 % des sinistres en multirisque habitation, tous profils confondus, même si l'incendie reste le premier poste de charge avec 28,7 % du coût contre 25,9 % (France Assureurs, 2025).
La solution commence par trois gestes, dans cet ordre. Photographier avant de nettoyer. Chercher l'origine de la fuite, parce que c'est elle qui désigne le responsable, pas l'endroit où l'eau apparaît. Remplir un constat amiable dégât des eaux avec le voisin concerné, puis déclarer à votre assureur dans le délai du contrat, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés (article L113-2, 4°).
Une idée fausse circule sur les canalisations encastrées. L'encastrement ne décide de rien. Seules sont communes les parties de canalisations afférentes aux éléments d'équipement commun qui traversent des locaux privatifs, et l'article 3 de la loi du 10 juillet 1965 ne joue qu'à défaut de disposition contraire du règlement de copropriété. C'est donc le règlement qu'il faut lire, pas le mur.
La convention IRSI organise ensuite le règlement entre assureurs. Service-public en publie les règles principales (fiche F2027, vérifiée le 22 juillet 2025) : sous 1 600 € HT de dégâts, c'est l'assureur gestionnaire qui indemnise, sans recours possible contre un autre assureur ; entre 1 600 € HT et 5 000 € HT, il doit effectuer une expertise pour le compte des autres assureurs. Sur la recherche de fuite, la même fiche distingue selon l'origine : si la fuite vient des parties communes, l'assureur de la copropriété prend en charge la recherche ; si elle vient d'un lot privatif, elle peut être engagée par n'importe quel assureur impliqué, mais c'est l'assureur du lot concerné qui doit en supporter le coût.
Le résultat pratique tient en une phrase, et elle évite beaucoup de déceptions : la convention accélère le règlement entre assureurs, elle ne crée aucune garantie. Ce que vous touchez reste ce que votre contrat prévoit.
La responsabilité civile vie privée suit la personne
La responsabilité civile vie privée couvre les dommages que vous causez à des tiers, ainsi que ceux causés par les personnes de votre foyer, vos enfants et vos animaux, y compris hors du domicile. Elle suit la personne, pas le logement.
Ce n'est pas l'obligation du locataire. L'article 7 g porte sur les risques locatifs. La responsabilité civile vie privée est une garantie à vérifier au contrat, utile, mais distincte de ce que la loi exige de vous.
Deux points méritent d'être contrôlés. La liste des personnes assurées doit correspondre à la composition réelle du foyer, enfants majeurs rattachés compris. Et si vous êtes couvert deux fois, par votre contrat et par celui d'un parent, sachez que cela ne double pas l'indemnité : l'article L121-4 organise la contribution entre assureurs, il n'ouvre pas un double paiement.
Une exclusion structurelle mérite d'être connue : la responsabilité civile vie privée exclut les véhicules terrestres à moteur, ce qui inclut les engins de déplacement personnel motorisés comme les trottinettes électriques. Ces engins relèvent de l'obligation d'assurance de l'article L211-1 du code des assurances, satisfaite par une extension, un contrat dédié ou la couverture de l'opérateur.
Étape 6 : comparer quatre lignes plutôt qu'un prix
Quatre lignes distinguent réellement deux contrats de locataire, et aucune n'est le prix.
Le mode d'indemnisation du contenu, rééquipement à neuf ou valeur d'usage. Les conditions de la garantie vol, modes opératoires et exigences de prévention. Le relogement, avec sa durée maximale et son plafond, qui décide de ce qui se passe le soir de l'incendie. Et la protection juridique, qui prend en charge un litige avec le bailleur ou un voisin.
Pour situer l'ordre de grandeur, la prime moyenne en multirisque habitation, toutes garanties et tous profils confondus, s'est établie à 323 € hors taxes en 2025, en hausse de 7,8 %, et à 351 € pour un contrat occupant, en hausse de 7,9 % (France Assureurs, l'assurance habitation en 2025). Aucun écart de prime entre locataires et propriétaires occupants n'est publié : les chiffres qui circulent sur ce point ne sont pas sourçables.
Étape 7 : déménager, résilier, récupérer le dépôt de garantie
Le déménagement ouvre une voie de sortie, à condition de la prendre dans les temps. L'article L113-16 du code des assurances permet de résilier après un changement de domicile lorsque le contrat couvre un risque lié à la situation antérieure qui ne se retrouve pas dans la nouvelle. Vous disposez de trois mois à compter de l'événement. La résiliation prend effet un mois après réception de la notification par l'assureur, et non un mois après votre envoi : la nuance décide de la date. L'assureur rembourse la portion de prime correspondant à la période non courue, et le même article lui interdit de réclamer une indemnité.
Après un an de contrat, l'article L113-15-2 ouvre une seconde voie, la résiliation à tout moment, l'habitation figurant dans la liste de l'article R113-11. Pour un contrat couvrant votre responsabilité locative, le nouvel assureur accomplit la formalité pour votre compte. L'ordre des opérations compte : signez d'abord le nouveau contrat, résiliez ensuite, jamais l'inverse.
Avant le départ, pensez aussi aux aggravations survenues en cours de bail et jamais déclarées : arrivée d'un colocataire, achat d'un équipement de valeur, changement d'usage d'une pièce. L'article L113-2, 3° impose de déclarer dans les quinze jours les circonstances nouvelles qui aggravent le risque. Un avenant règle la question.
Le dépôt de garantie, lui, ne relève pas de l'assurance. L'article 22 de la loi de 1989 fixe sa restitution à un mois lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, deux mois dans le cas contraire, et majore la somme due par mois de retard commencé. Les retenues portent sur des dégradations, pas sur l'usure normale.
Ce dernier point est celui qui déçoit le plus souvent : aucune assurance ne rembourse la vétusté normale d'un logement. Une moquette usée après quatre ans d'occupation n'est ni un sinistre ni une dégradation. En revanche, un litige sur des retenues contestées entre dans le champ d'une garantie de protection juridique, si le contrat en comporte une.
Le nom des garanties décide de tout sur ce profil. Risques locatifs, garantie du contenu, recours des voisins et des tiers : trois libellés proches, trois bénéficiaires différents, et un seul des trois est obligatoire.
À relire avant de signer
- La garantie des risques locatifs figure au contrat, avec son plafond chiffré.
- Le recours des voisins et des tiers figure au contrat, distinct des risques locatifs.
- Le capital mobilier correspond à un inventaire réel, et les sous-plafonds par catégorie sont chiffrés.
- Le mode d'indemnisation du contenu est identifié : rééquipement à neuf ou valeur d'usage.
- Les conditions de la garantie vol précisent les modes opératoires couverts et les exigences de prévention.
Nos repères pour ce profil
- L'attestation d'assurance se remet lors de la remise des clés, puis chaque année à la demande du bailleur (loi du 6 juillet 1989, article 7 g).
- Le bailleur ne peut pas vous imposer son assureur : la clause qui l'y oblige est tenue pour non écrite (article 4 de la même loi).
- L'obligation porte sur les risques locatifs. La responsabilité civile vie privée est une garantie à vérifier au contrat, pas une obligation légale du locataire.
- Au déménagement, vous avez trois mois pour invoquer le changement de domicile (L113-16) : la résiliation prend effet un mois après réception, sans indemnité.
- Le capital mobilier plafonne l'indemnité : le surévaluer coûte de la cotisation sans rien rapporter, le sous-évaluer expose à la règle proportionnelle de capitaux.
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