Assurance Auto
Mutuelle Santé
Assurance Moto
Assurance Habitation
Assurance de prêt
Prévoyance
Assurance Animaux
Assurance vie
Plus d'assurances
GuidesActualitésLexiqueAssureursOutils Obtenir mon devis
Épargne, succession

Assurance vie

Une assurance vie n'est pas un placement, c'est une enveloppe qui en contient plusieurs. Ce qu'elle rapporte dépend donc de deux choses : ce que vous mettez dedans, et ce que le contrat prélève au passage. Sur un horizon de quinze ou vingt ans, un écart de quelques dixièmes de point de frais de gestion annuels ampute le capital final davantage que la plupart des arbitrages entre supports. C'est le premier critère de comparaison, avant le rendement affiché du fonds en euros.

Gratuit · 2 minutes · sans engagement · mis à jour le 02 août 2026

Assurance vie
0 €coût du service
2 minpour comparer
Sélection 2026

Notre sélection des meilleures offres d'assurance vie

Les assureurs les mieux notés sur ce produit. Le classement complet est disponible page dédiée.

RangAssureurNoteAtout principal
1MAAF4.4/5Un héritage artisan qui se voit encore sur les contrats des petits pros
2MACIF4.3/5Une vente en direct, sans commission d'intermédiaire dans le prix
3Allianz4.0/5Un adossement à un grand groupe européen, utile sur les gros risques
4Generali3.9/5Une expertise épargne et unités de compte reconnue des courtiers
Comparer sur mon profil Voir le classement complet
Vie

Pourquoi comparer votre assurance vie ?

On lit les contrats à votre place pour ne faire ressortir que ceux qui vous correspondent.

Garanties décryptées

Conditions générales, IPID et exclusions analysées pour repérer ce qui compte vraiment.

Adapté à votre profil

On écarte les contrats inadaptés à votre situation pour vous faire gagner du temps.

Le juste prix

À garanties équivalentes, on compare les cotisations sur votre profil et on vous montre l'écart.

Trois familles de frais, une seule vraiment subie

Les frais sur versement se prélèvent à l'entrée, sur chaque somme déposée. Ils se négocient, et plusieurs distributeurs en ligne les ont supprimés. C'est le poste le plus visible, celui que les publicités mettent en avant, et paradoxalement le moins déterminant sur longue période.

Les frais d'arbitrage se déclenchent quand vous déplacez de l'argent d'un support vers un autre. Ils se maîtrisent simplement : en arbitrant moins. Un épargnant qui définit une allocation et s'y tient les rencontre rarement.

Les frais de gestion annuels sont d'une autre nature. Ils se prélèvent sur l'encours, tous les ans, que le contrat gagne ou perde. Ils ne se négocient pas après la souscription. Ils constituent donc le seul poste réellement subi, et le seul qu'il faut examiner avant de signer.

Un point que beaucoup de souscripteurs découvrent tard : ces frais de gestion diffèrent souvent selon le support. Le taux appliqué au fonds en euros n'est pas forcément celui appliqué aux unités de compte. Demandez les deux chiffres séparément. Et sur les unités de compte, ajoutez les frais internes des fonds eux-mêmes, qui ne figurent pas dans les frais du contrat mais réduisent la performance de la même manière.

Le fonds en euros achète de la tranquillité, pas du rendement

Le fonds en euros est le support à capital garanti du contrat. L'assureur s'engage à ce que les sommes versées, nettes de frais, ne baissent pas. Les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis : c'est ce qu'on appelle l'effet cliquet.

Cette garantie a un prix, et ce prix est le rendement. L'assureur investit majoritairement en obligations, avec une part limitée d'actifs plus dynamiques. Il ne peut pas promettre à la fois la sécurité du capital et la performance des marchés actions.

Deux nuances méritent d'être connues. D'abord, la garantie porte sur les sommes nettes de frais : un contrat qui prélève des frais de gestion supérieurs au rendement servi fait mécaniquement reculer le capital, garantie ou non. Ensuite, la loi permet aux autorités qui supervisent le secteur de suspendre temporairement les rachats en cas de menace grave pour la stabilité du système financier. Cette disposition mérite d'être connue de quiconque considère son assurance vie comme un compte courant.

Les unités de compte : le nombre de parts est garanti, pas leur valeur

Sur une unité de compte, l'assureur ne garantit que le nombre de parts inscrites à votre contrat. Leur valeur suit le marché, à la hausse comme à la baisse. C'est la contrepartie du rendement espéré.

Les unités de compte recouvrent des réalités très différentes : fonds actions, fonds obligataires, fonds indiciels, supports immobiliers comme les sociétés civiles de placement immobilier ou les organismes de placement collectif en immobilier. Leur liquidité et leur volatilité n'ont rien de comparable. Un support immobilier peut mettre plusieurs semaines à être arbitré, là où un fonds coté se traite en quelques jours.

La question à se poser avant de choisir n'est pas « quel support rapporte le plus » mais « quelle baisse suis-je capable de supporter sans vendre ». Un épargnant qui liquide au plus bas transforme une perte comptable en perte définitive. C'est le principal risque de ce type de support, et il est comportemental avant d'être financier.

Gestion libre ou gestion pilotée : ce que vous payez vraiment

En gestion libre, vous choisissez les supports et vous arbitrez vous-même. En gestion pilotée, vous déléguez ces décisions à l'assureur ou à une société de gestion, selon un profil de risque défini au départ.

La gestion pilotée ajoute une couche de frais, qui s'empile sur les frais de gestion du contrat et sur les frais internes des fonds. Elle se justifie si vous n'avez ni le temps ni l'envie de suivre votre allocation. Elle ne se justifie pas comme promesse de surperformance : aucun mandat ne garantit un résultat.

Avant de la choisir, demandez l'historique du profil qui vous est proposé, sur plusieurs années, et le détail complet des frais empilés. Un mandat facturé une fraction de point supplémentaire doit rapporter au moins autant pour être neutre.

L'antériorité fiscale est un actif à créer tôt

Le compteur des huit ans court à compter de l'ouverture du contrat, indépendamment des sommes versées. Un contrat ouvert tôt avec un versement minime vaut donc mieux qu'un contrat ouvert tard avec un versement important. C'est l'un des rares gestes de gestion patrimoniale qui ne coûte presque rien et ne se rattrape pas.

Un arbitrage entre supports à l'intérieur du contrat conserve cette antériorité. Une clôture suivie d'une réouverture la détruit. Faites donc évoluer un contrat existant plutôt que d'en ouvrir un nouveau à chaque changement de stratégie. Certains transferts internes, chez le même assureur, permettent également de changer de contrat sans perdre le compteur : la possibilité se vérifie auprès de l'assureur avant toute décision.

La fiscalité ne frappe que les gains, et seulement au rachat

Tant que l'argent reste dans le contrat, rien n'est imposé. L'imposition se déclenche au rachat, partiel ou total, et elle ne porte que sur la part de gains contenue dans la somme retirée. Retirer 5 000 € d'un contrat composé pour l'essentiel de versements ne déclenche donc pas une imposition sur 5 000 €.

Avant huit ans, les gains rachetés supportent l'impôt sur le revenu, au barème ou au prélèvement forfaitaire, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %.

Après huit ans, un abattement annuel s'applique sur les gains rachetés : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà de cet abattement, le taux d'imposition sur le revenu est réduit à 7,5 % pour la fraction correspondant aux primes versées jusqu'à 150 000 €, tous contrats confondus. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus.

La conséquence pratique est simple : après huit ans, un rachat programmé chaque année dans la limite de l'abattement permet de sortir des sommes régulières en n'acquittant que les prélèvements sociaux. Beaucoup de contrats servent ainsi de complément de revenu sans que le souscripteur en ait conscience.

Quatre situations exonèrent l'impôt sur les gains

La loi prévoit des cas où les gains rachetés échappent à l'impôt sur le revenu, quelle que soit l'ancienneté du contrat : le licenciement, la mise à la retraite anticipée, l'invalidité de deuxième ou troisième catégorie, et la cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire. La situation peut concerner le souscripteur ou son conjoint.

Deux précisions comptent. L'exonération vise l'impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux, qui restent dus. Et elle est enfermée dans un délai : le rachat doit intervenir avant la fin de l'année suivant celle de l'événement. Un licenciement suivi d'un rachat trois ans plus tard ne donne rien.

Rachat, avance, nantissement : trois façons de mobiliser l'argent

Le rachat est la voie normale. Il sort définitivement les sommes du contrat, déclenche l'imposition des gains et réduit l'encours qui travaille.

L'avance est un prêt consenti par l'assureur, gagé sur le contrat. Elle n'est pas un rachat : les sommes restent investies, l'antériorité fiscale continue de courir, et rien n'est imposé. En contrepartie, l'avance porte intérêt et doit être remboursée dans un délai fixé par le règlement général des avances. C'est l'outil adapté à un besoin de trésorerie temporaire, pas à un besoin durable.

Le nantissement consiste à donner le contrat en garantie d'un crédit. Il ne mobilise pas l'épargne, il la bloque au profit du prêteur. Les banques l'acceptent couramment en garantie d'un prêt immobilier, en alternative ou en complément d'une caution.

La transmission suit un régime propre, indépendant de la succession

Le capital versé aux bénéficiaires désignés ne passe pas par la succession civile dans le cas général. Il obéit à un régime fiscal distinct, qui dépend de l'âge du souscripteur au moment des versements.

Pour les primes versées avant les soixante-dix ans du souscripteur, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, tous contrats confondus. Au-delà, un prélèvement forfaitaire s'applique.

Pour les primes versées après soixante-dix ans, l'abattement est global : 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires, tous contrats confondus. Les gains produits par ces primes échappent en revanche aux droits de succession.

Ce double régime explique pourquoi l'âge des versements compte autant que leur montant, et pourquoi l'ouverture précoce d'un contrat sert deux objectifs à la fois : l'antériorité fiscale des rachats et le régime de transmission.

La clause bénéficiaire décide de tout, et elle vieillit mal

C'est la ligne la plus courte du contrat et la plus lourde de conséquences. Une clause imprécise, un bénéficiaire décédé, un nom mal orthographié suffisent à retarder le versement de plusieurs mois, voire à renvoyer le capital dans la succession.

Relisez-la après chaque événement familial : mariage, divorce, naissance, décès. Nommez les bénéficiaires avec leurs coordonnées, prévoyez des bénéficiaires de second rang, et indiquez au notaire ou à un proche l'existence du contrat. Un contrat dont personne ne connaît l'existence finit par être recherché par les organismes prévus à cet effet, mais avec des années de retard.

Comment comparer deux contrats en dix minutes

Commencez par les frais de gestion annuels, séparément sur le fonds en euros et sur les unités de compte. C'est le seul chiffre qui vous suivra pendant toute la vie du contrat.

Regardez ensuite les frais sur versement et la façon dont ils sont réellement appliqués : un taux affiché à zéro sur une brochure peut réapparaître sur certains modes de souscription.

Vérifiez l'accès au fonds en euros. Beaucoup de contrats conditionnent désormais les versements sur ce support à une part minimale investie en unités de compte. Cette contrainte change entièrement le profil de risque du contrat.

Examinez la largeur de la gamme de supports, sans vous laisser impressionner par le nombre. Cinquante fonds redondants valent moins que quinze fonds couvrant des classes d'actifs distinctes à frais internes contenus.

Terminez par la solidité de l'assureur et par la qualité du service : délai de traitement d'un rachat, disponibilité d'un interlocuteur, clarté des relevés annuels. Ce sont les points qui comptent le jour où vous avez besoin de l'argent.

Tarifs

Quel budget pour votre assurance vie ?

Aucun montant n'est affiché ici : nous ne publions que des chiffres sourcés, et il n'existe pas de prime moyenne publiée pour chaque produit et chaque profil. Ce tableau situe seulement les niveaux de garanties les uns par rapport aux autres. Ce qui fixe réellement votre cotisation, c'est votre profil, le niveau de formule retenu, le montant des franchises et le mode de fractionnement.

ProfilNiveau de garantiesNiveau de cotisation
ÉconomiqueFormule d'entrée, franchises plus élevées
ÉquilibréBon rapport garanties / prix€€
Protection maximaleGaranties étendues, franchises réduites€€€
Estimer mon tarif
Changer d'assurance

Changer d'assurance vie : mode d'emploi

L’assurance vie est un contrat d’épargne, pas un placement bloqué. Vous versez quand vous voulez, l’argent est réparti entre fonds en euros et unités de compte, et vous récupérez tout ou partie du capital quand vous le décidez.

Voir la procédure
01

Ouvrez et alimentez

Le contrat démarre par un versement initial, puis vous l’alimentez librement ou par prélèvements programmés. La date d’ouverture fixe l’antériorité fiscale : c’est elle qui fait courir le compteur des 8 ans, pas le montant versé.

02

Répartissez entre fonds euros et unités de compte

Le fonds en euros garantit le capital versé, net de frais, avec un rendement modeste. Les unités de compte (actions, obligations, SCPI) visent davantage de performance sans garantie : leur valeur peut baisser.

03

Regardez les frais avant les rendements

Frais sur versement, frais de gestion annuels, frais d’arbitrage. Sur vingt ans, un écart de frais de gestion pèse souvent plus lourd que le choix du support.

04

Rachetez tout ou partie

Le rachat partiel ou total se demande en ligne ou par courrier, sans justificatif à fournir. L’assureur dispose de deux mois au maximum pour verser la somme.

Trente jours pour changer d'avis, et le compteur ne part pas toujours quand on croit

Le souscripteur d'un contrat d'assurance vie dispose d'une faculté de renonciation de trente jours calendaires. Elle s'exerce sans motif, par lettre recommandée, et l'assureur restitue l'intégralité des sommes versées.

Le point de départ n'est pas la date de signature mais celle à laquelle le souscripteur est informé de la conclusion du contrat et reçoit les documents d'information prévus par le Code des assurances. Un dossier remis incomplet décale donc le point de départ.

Cette faculté est un filet de sécurité, pas une stratégie. Elle sert quand la lecture à tête reposée révèle un écart entre ce qui a été présenté oralement et ce que dit le contrat : accès au fonds en euros conditionné, frais différents de ceux annoncés, mandat de gestion non demandé.

La sortie en rente est une décision sans retour

Un contrat peut se dénouer en capital, en rachats successifs, ou en rente viagère. Les deux premières voies restent réversibles ; la troisième ne l'est pas.

La conversion en rente transfère le capital à l'assureur, qui s'engage à verser un revenu jusqu'au décès. Le capital cesse alors d'appartenir au souscripteur : il n'est plus rachetable, plus transmissible aux héritiers, et n'entre plus dans la clause bénéficiaire. C'est la contrepartie de la garantie viagère.

Le montant de la rente dépend de l'âge à la conversion, du capital converti et de la table de mortalité retenue par l'assureur. Il dépend aussi des options choisies, et ces options coûtent cher en niveau de rente. La réversion au profit du conjoint réduit le montant initial. Les annuités garanties, qui assurent le versement pendant une durée minimale même en cas de décès précoce, le réduisent également.

Fiscalement, la rente viagère à titre onéreux n'est imposée que sur une fraction de son montant, déterminée par l'âge du crédirentier au premier versement. Plus la conversion est tardive, plus la fraction imposable est faible.

La question à se poser avant de convertir n'est donc pas « combien vais-je toucher » mais « suis-je prêt à ce que ce capital sorte définitivement de mon patrimoine ». Pour beaucoup de souscripteurs, une série de rachats partiels programmés remplit le même office en gardant la main.

La clause bénéficiaire peut être démembrée, et cela change tout

La rédaction standard, « mon conjoint, à défaut mes enfants, à défaut mes héritiers », convient à la majorité des situations. Elle montre ses limites dès que le patrimoine se complexifie.

Le démembrement de la clause consiste à désigner un bénéficiaire en usufruit, typiquement le conjoint survivant, et un ou plusieurs bénéficiaires en nue-propriété, typiquement les enfants. L'usufruitier perçoit les fonds et peut les utiliser ; les nus-propriétaires détiennent une créance de restitution sur sa succession, la créance de quasi-usufruit.

Le mécanisme permet au conjoint de disposer des sommes tout en organisant leur retour aux enfants au second décès, sans double taxation. Il suppose en revanche une rédaction précise, et de préférence un acte constatant la créance de restitution : sans écrit, les nus-propriétaires peuvent avoir du mal à faire valoir leur droit au moment de la seconde succession.

Deux autres points de rédaction méritent attention. Les bénéficiaires doivent être identifiables sans ambiguïté : mieux vaut « mon épouse, née le tel jour à tel endroit » que « mon épouse » seul, qui devient incertain après un divorce et un remariage. Et l'acceptation du bénéfice par le bénéficiaire, quand elle est formalisée, rend la clause irrévocable : le souscripteur ne peut alors plus la modifier, ni effectuer de rachat, sans l'accord de la personne désignée. C'est une contrainte lourde, souvent découverte trop tard.

Le conjoint survivant ne paie rien, et cela déplace le calcul

Le régime de transmission de l'assurance vie s'articule avec les droits de succession ordinaires, où le conjoint survivant et le partenaire de pacte civil de solidarité sont exonérés depuis la loi du 21 août 2007.

Concrètement, désigner son conjoint comme bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie n'apporte aucun gain fiscal : il aurait de toute façon reçu les mêmes sommes en franchise de droits par la voie successorale. L'intérêt de la désignation est alors juridique, pas fiscal : rapidité du versement, sortie du partage successoral, protection contre les aléas de l'indivision.

L'avantage fiscal de l'assurance vie se déploie en revanche pleinement vers les bénéficiaires taxés : enfants au-delà de leur abattement successoral, neveux et nièces, tiers sans lien de parenté. Sur ces derniers, l'écart entre le régime de l'assurance vie et le barème des droits de succession devient considérable.

Une limite existe, et les tribunaux la font jouer. L'article L132-13 du Code des assurances écarte la protection du contrat pour les primes manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur. L'appréciation se fait au cas par cas, au moment du versement, en tenant compte de l'âge, du patrimoine, des revenus et de l'utilité de l'opération. Un souscripteur très âgé qui verse l'essentiel de son patrimoine à un tiers s'expose à une requalification demandée par les héritiers réservataires.

Un capital non réclamé finit par sortir du contrat

C'est le point aveugle de l'assurance vie : un contrat dont personne ne connaît l'existence.

Le dispositif prévu par la loi organise plusieurs filets. Les assureurs doivent consulter chaque année le répertoire national d'identification des personnes physiques pour repérer leurs assurés décédés, puis rechercher les bénéficiaires. Toute personne qui pense être bénéficiaire d'un contrat souscrit par un défunt peut saisir gratuitement l'organisme professionnel chargé de la recherche, qui interroge l'ensemble des assureurs.

Passé un délai fixé par la loi, les sommes des contrats en déshérence sont transférées à la Caisse des dépôts et consignations, où elles restent réclamables pendant une nouvelle période avant d'être acquises à l'État. Le site public dédié permet de vérifier en quelques minutes si des sommes sont détenues à son nom.

La conséquence pratique tient en une phrase : dites à quelqu'un que le contrat existe. Une mention chez le notaire, une ligne dans un dossier familial, un courrier remis aux bénéficiaires. C'est le geste le plus simple de toute la gestion d'un contrat, et le seul qui garantisse qu'il servira.

Le versement aux bénéficiaires est encadré par un délai, et le dépassement se paie

Beaucoup de bénéficiaires ignorent que l'assureur n'est pas libre de son rythme.

Une fois le décès porté à sa connaissance, l'assureur doit demander les pièces nécessaires au règlement. À compter de la réception du dossier complet, il dispose d'un mois pour verser le capital. Au-delà, les sommes non versées produisent de plein droit des intérêts majorés, dont le taux augmente encore après une période supplémentaire.

Cette règle a une portée pratique immédiate : elle transforme une relance polie en demande chiffrée. Un bénéficiaire qui a envoyé son dossier complet, avec preuve de dépôt, peut réclamer les intérêts de retard sans passer par un contentieux.

Les pièces demandées sont standard : acte de décès, justificatif d'identité, acte de notoriété quand la clause désigne des héritiers, et selon les cas un certificat d'acquittement ou de non-exigibilité des droits délivré par l'administration fiscale. Rassembler ces documents prend du temps ; le délai d'un mois ne court qu'une fois le dernier reçu.

Fonds en euros, euro-croissance, unités de compte : trois promesses distinctes

Le fonds en euros garantit le capital à tout moment. L'euro-croissance garantit le capital, en tout ou partie, à une échéance choisie au départ, généralement au moins huit ans. Les unités de compte ne garantissent rien d'autre que le nombre de parts.

L'euro-croissance occupe donc une position intermédiaire mal connue : il accepte plus de risque que le fonds en euros pendant la période, en contrepartie d'une garantie qui ne joue qu'au terme. Sortir avant l'échéance revient à perdre la garantie et à récupérer la valeur de marché. Ce support convient à une épargne dont l'horizon est connu et ferme, pas à une réserve de précaution.

Une garantie optionnelle mérite d'être signalée à ceux qui investissent en unités de compte dans un objectif de transmission : la garantie plancher. Elle engage l'assureur à verser aux bénéficiaires, en cas de décès, au moins le montant des sommes versées, même si les marchés ont baissé. Elle a un coût, prélevé sur le contrat, et comporte des limites d'âge et de montant. Elle se justifie surtout quand le contrat est fortement investi en unités de compte et que le souscripteur avance en âge.

Dernier point sur la sécurité : les sommes placées en assurance vie ne sont pas des dépôts bancaires et ne relèvent pas de la garantie des dépôts. Un fonds de garantie propre aux assurances de personnes existe, avec un plafond fixé par la loi, par assuré et par entreprise d'assurance. Cette limite est l'argument technique en faveur de la répartition entre plusieurs assureurs pour les patrimoines importants, indépendamment de toute considération de rendement.

Le capital non réclamé ne se perd pas, il s’éloigne

Les assureurs doivent consulter chaque année le répertoire national d'identification des personnes physiques pour repérer leurs assurés décédés, puis rechercher les bénéficiaires et les informer. Passé un délai fixé par la loi, les sommes non réclamées sont transférées à la Caisse des dépôts et consignations, qui les conserve pendant une période prolongée : elles restent réclamables durant tout ce temps par le bénéficiaire ou ses ayants droit, et reviennent à l'État au terme de cette seconde période.

Deux démarches gratuites existent. Toute personne peut demander la recherche d'un contrat souscrit par une personne décédée auprès de l'organisme professionnel prévu à cet effet. Et un service public permet de vérifier si des sommes conservées par la Caisse des dépôts vous concernent, à partir de votre état civil.

Trois rédactions de clause produisent l'essentiel des dossiers en déshérence. La désignation par la seule qualité, « mon conjoint », sans prénom ni date de naissance : elle reste valable, mais elle oblige l'assureur à reconstituer une situation familiale à une date donnée. La désignation nominative jamais mise à jour : un bénéficiaire décédé avant l'assuré, sans mention de représentation ni bénéficiaire de second rang, renvoie le capital dans la succession. L'absence de coordonnées enfin, une clause pouvant nommer parfaitement une personne sans donner aucun moyen de la joindre.

Le plus efficace reste en amont : indiquer à vos bénéficiaires l'existence du contrat et le nom de l'assureur, et conserver la liste de vos contrats dans un document connu d'au moins deux personnes de confiance.

Questions fréquentes

FAQ Vie

L'argent est-il bloqué huit ans ?
Non. Un rachat se demande à tout moment, sans motif à justifier. Les huit ans concernent uniquement la fiscalité des gains, pas la disponibilité de l'épargne.
Le capital est-il garanti ?
Sur le fonds en euros, les sommes versées nettes de frais sont garanties par l'assureur. Sur les unités de compte, seul le nombre de parts est garanti : leur valeur peut baisser.
Peut-on détenir plusieurs contrats ?
Oui, sans limite. Les abattements fiscaux, en revanche, se calculent par personne et non par contrat : ouvrir plusieurs contrats ne les multiplie pas.
Pourquoi relire la clause bénéficiaire ?
Parce qu'elle décide de tout. Un bénéficiaire décédé, introuvable ou désigné de façon ambiguë retarde le versement et peut renvoyer le capital dans la succession.
Un rendement passé annonce-t-il le rendement futur ?
Non, et c'est vrai du fonds en euros comme des unités de compte. Le taux servi une année dépend de la composition du portefeuille de l'assureur et de sa politique de réserves, deux paramètres qui varient.
Faut-il préférer un contrat bancaire ou un contrat en ligne ?
La question du canal compte moins que celle des frais et de l'accès aux supports. Comparez les deux sur les mêmes critères plutôt que sur la réputation du distributeur.

Comparez votre assurance vie maintenant

Gratuit, sans engagement, en 2 minutes.

Obtenir mon devis