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Construction & BTP

Assurance décennale

Une décennale valable pour une activité que vous n'exercez pas ne couvre rien. C'est le point que clients et professionnels vérifient le moins, et celui qui fait tomber le plus de dossiers après un sinistre. Avant de comparer des primes, comparez des périmètres : deux contrats affichés au même tarif peuvent couvrir des métiers différents.

Gratuit · 2 minutes · sans engagement · mis à jour le 02 août 2026

Assurance décennale
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Décennale

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Les activités déclarées délimitent la garantie

L'attestation liste des activités précises, désignées selon une nomenclature professionnelle. Un couvreur assuré pour la couverture qui intervient sur une charpente sort de son périmètre, et son assureur peut refuser sa garantie sur ce poste. Le professionnel reste alors personnellement tenu de la réparation.

Avant un chantier, le maître d'ouvrage compare le devis à l'attestation, ligne par ligne. Si le devis mentionne une prestation absente de l'attestation, la question se pose avant la signature, pas après le désordre.

Côté professionnel, la règle symétrique est de faire ajouter toute activité nouvelle par avenant, sans compter sur une interprétation favorable. Un artisan qui élargit son offre en cours d'année sans le signaler travaille sans filet sur la partie nouvelle. Attention à l'excès inverse : déclarer des activités qu'on n'exerce pas renchérit la prime sans rien apporter.

Sans procès-verbal de réception, le compte à rebours ne démarre pas

La garantie court dix ans à compter de la réception des travaux, formalisée par un procès-verbal daté et signé, avec ou sans réserves. Ce document protège les deux parties : il fixe le point de départ du délai et fait courir en même temps la garantie de parfait achèvement.

Une absence de réception écrite rend le point de départ discutable. Elle complique l'indemnisation du maître d'ouvrage, mais aussi la défense du professionnel qui voudrait démontrer que le délai est expiré. Personne n'a intérêt à s'en passer.

Les réserves consignées au procès-verbal ne bloquent pas la réception. Elles ouvrent la garantie de parfait achèvement, distincte de la décennale, qui oblige le constructeur à reprendre les désordres signalés pendant l'année qui suit.

Ce que la décennale couvre, et ce qu'elle ne couvre pas

Relèvent de la garantie décennale les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Une infiltration qui rend une pièce inhabitable, un affaissement de dalle, un défaut d'étanchéité généralisé entrent dans ce champ.

Les éléments d'équipement indissociables du bâti y entrent également : ceux qu'on ne peut déposer sans détériorer l'ouvrage. Une chaudière posée dans un local technique et raccordée de façon démontable n'a pas le même régime qu'un plancher chauffant noyé dans une chape.

En dehors : les désordres purement esthétiques, l'usure normale, le défaut d'entretien, et les dommages relevant de la garantie de bon fonctionnement des équipements dissociables, dont la durée est plus courte. Ces distinctions paraissent techniques ; elles décident pourtant de qui paie.

Ce qui construit la prime, et pourquoi elle se compare mal

Six paramètres alimentent le tarif, et aucun n'est négociable au sens commercial du terme. L'activité déclarée d'abord : le gros œuvre engage la solidité de l'ouvrage, donc des sinistres plus lourds que les activités de finition. Le chiffre d'affaires ensuite, qui sert d'assiette : plus il monte, plus l'exposition de l'assureur augmente.

L'expérience compte aussi. Un professionnel installé depuis plusieurs années, avec des qualifications reconnues, se présente autrement qu'un créateur d'entreprise sans antécédents. Les antécédents, justement, forment le quatrième paramètre : sinistres passés et résiliation par un précédent assureur renchérissent nettement la prime.

Restent la franchise, qui joue mécaniquement en sens inverse de la prime, et la zone d'intervention, parce que le coût des sinistres et de la main-d'œuvre varie selon les régions. Cette construction sur mesure explique pourquoi les fourchettes publiées en ligne servent seulement de repère.

Un devis anormalement bas mérite trois vérifications

Le premier réflexe est de vérifier l'assureur lui-même : sa dénomination exacte, son agrément, et le fait qu'il soit habilité à couvrir le risque en France. Le marché de la construction a connu des défaillances d'assureurs opérant depuis l'étranger en libre prestation de services, laissant des professionnels et des maîtres d'ouvrage sans couverture réelle.

Le deuxième réflexe porte sur les activités : un tarif bas obtenu en déclarant une activité de finition alors qu'on fait du gros œuvre n'est pas une économie, c'est une garantie fictive.

Le troisième porte sur les plafonds et les exclusions. Deux contrats au même prix peuvent diverger complètement sur le montant garanti par sinistre, sur la prise en charge des travaux de reprise, ou sur les activités sous-traitées. Le tarif ne dit rien de l'indemnisation.

Créateurs, micro-entrepreneurs, professionnels résiliés

Un créateur d'entreprise sans antécédents paie plus cher, parce que l'assureur n'a rien à évaluer. C'est le moment où la constitution d'un dossier soigné a le plus de valeur : diplômes, attestations d'expérience salariée, qualifications professionnelles.

Le statut de micro-entrepreneur ne change rien à l'obligation. L'assurance décennale s'impose à tout constructeur intervenant sur un ouvrage de bâtiment, quelle que soit sa forme juridique. Le chiffre d'affaires plus faible se reflète dans la prime, pas dans l'exigence.

Un professionnel résilié pour sinistralité trouve encore à s'assurer, mais dans des conditions dégradées. En cas de refus répétés, le bureau central de tarification peut être saisi : il fixe alors le montant de la prime pour laquelle un assureur est tenu de garantir le risque.

La dommages-ouvrage, l'autre contrat obligatoire que personne ne souscrit

La décennale est l'assurance du constructeur. La dommages-ouvrage est celle du maître d'ouvrage, et elle est également obligatoire pour qui fait construire. Son rôle est de préfinancer les réparations sans attendre qu'un tribunal désigne un responsable, puis de se retourner contre l'assureur du constructeur.

Dans les faits, beaucoup de particuliers ne la souscrivent pas, faute d'information ou par arbitrage budgétaire. Le prix de cette impasse se paie au moment de la revente : l'absence de dommages-ouvrage se signale à l'acquéreur et pèse sur la négociation, et le vendeur reste exposé pendant le reste du délai décennal.

Ce qu'il faut demander avant de signer

Demandez l'attestation nominative en cours de validité, pas une copie de l'année précédente. Vérifiez la période de validité, la raison sociale exacte, le numéro de contrat et la liste des activités.

Vérifiez que le chantier prévu entre dans le champ géographique du contrat, point souvent négligé quand l'intervention a lieu loin de l'établissement.

Demandez enfin les montants de garantie et la franchise applicable. Ces deux chiffres décident de ce qui reste à votre charge le jour où quelque chose casse.

Tarifs

Quel budget pour votre assurance décennale ?

Aucun montant n'est affiché ici : nous ne publions que des chiffres sourcés, et il n'existe pas de prime moyenne publiée pour chaque produit et chaque profil. Ce tableau situe seulement les niveaux de garanties les uns par rapport aux autres. Ce qui fixe réellement votre cotisation, c'est votre profil, le niveau de formule retenu, le montant des franchises et le mode de fractionnement.

ProfilNiveau de garantiesNiveau de cotisation
ÉconomiqueFormule d'entrée, franchises plus élevées
ÉquilibréBon rapport garanties / prix€€
Protection maximaleGaranties étendues, franchises réduites€€€
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Le chantier est rattaché au contrat en vigueur à sa date d'ouverture

L'assurance décennale est un contrat déclenché par le fait dommageable, et le fait retenu est l'ouverture du chantier. La déclaration réglementaire d'ouverture de chantier sert précisément à dater ce rattachement.

Trois conséquences pratiques en découlent.

Un professionnel qui change d'assureur emporte avec lui les chantiers futurs, pas les anciens. Chaque chantier reste attaché à son contrat d'origine pendant les dix années qui suivent la réception.

Un professionnel qui a connu une période sans assurance, même courte, laisse un trou définitif. Les chantiers ouverts pendant cette période ne trouveront aucun assureur, ni avant ni après, et le professionnel les portera sur son patrimoine personnel pendant dix ans.

Un professionnel qui cesse son activité reste couvert pour les chantiers antérieurs, sans avoir à maintenir un contrat. La couverture est acquise chantier par chantier au moment de l'ouverture.

C'est aussi pourquoi la conservation des attestations annuelles compte autant que le contrat lui-même. Douze ans après, c'est l'attestation de l'année d'ouverture qu'il faudra produire, et l'assureur d'alors qu'il faudra retrouver.

Trois garanties légales se succèdent, et elles ne couvrent pas la même chose

Le professionnel qui parle de sa décennale désigne souvent l'ensemble du dispositif. Ce dispositif comporte en réalité trois étages, avec des durées et des objets différents.

La garantie de parfait achèvement couvre, pendant un an à compter de la réception, tous les désordres signalés lors de la réception ou apparus dans l'année. Elle pèse sur l'entrepreneur lui-même, qui doit reprendre les travaux, et n'est pas une garantie d'assurance.

La garantie de bon fonctionnement couvre, pendant deux ans, les éléments d'équipement dissociables du bâtiment, ceux que l'on peut retirer sans détériorer l'ouvrage. Volets, radiateurs, portes intérieures, appareils sanitaires entrent dans cette catégorie.

La garantie décennale, enfin, couvre pendant dix ans les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, ainsi que ceux qui affectent la solidité des éléments d'équipement indissociables. C'est la seule qui fasse l'objet d'une obligation d'assurance.

La distinction entre ces trois étages décide de la prise en charge. Un désordre esthétique, une malfaçon qui n'empêche pas d'habiter, un équipement dissociable défaillant après trois ans ne relèvent pas de la décennale, quelle que soit leur gravité pour le client.

Impropriété à destination : la notion qui élargit la garantie

Le critère de solidité est intuitif. Le second l'est moins et il produit l'essentiel du contentieux.

Un ouvrage est impropre à sa destination lorsqu'il ne permet plus l'usage auquel il était destiné, même s'il tient debout. Une isolation phonique insuffisante dans un logement, des infiltrations répétées, un système de chauffage incapable d'atteindre une température normale, un défaut d'étanchéité d'une terrasse peuvent entrer dans cette qualification.

L'appréciation se fait au cas par cas, en fonction de la destination convenue de l'ouvrage. Un plancher qui vibre gêne davantage dans un immeuble d'habitation que dans un local technique.

Cette notion explique pourquoi certains désordres apparemment secondaires relèvent de la décennale et pourquoi d'autres, plus visibles, n'en relèvent pas. Elle explique aussi pourquoi la qualification est presque toujours discutée par les assureurs avant d'être tranchée par une expertise.

Le défaut d'assurance est une infraction, et l'attestation est normalisée

L'absence d'assurance décennale pour une activité qui y est soumise constitue une infraction pénale prévue par le Code des assurances, punie d'un emprisonnement de six mois et d'une amende de soixante-quinze mille euros, ou de l'une de ces deux peines.

Cette sanction est rarement le vrai risque. Le vrai risque est civil : un professionnel non assuré paie personnellement la reprise des désordres, et il n'est protégé par aucune limite de plafond.

Pour rendre le contrôle possible, le contenu des attestations d'assurance construction est normalisé par un modèle réglementaire. Une attestation conforme mentionne l'assureur, le numéro de contrat, la période de validité, les activités précisément garanties, les montants de garantie et les éventuelles limitations.

C'est ce dernier point qui mérite l'attention du client comme du professionnel. Une attestation qui liste des activités ne correspondant pas exactement à celles réalisées sur le chantier ne protège personne. Un maçon qui pose une charpente, un plombier qui réalise une étanchéité, un menuisier qui monte une véranda exercent des activités distinctes, chacune devant figurer nommément.

Sous-traitance : le sous-traitant n'est pas soumis à l'obligation, ce qui ne le protège pas

Le sous-traitant n'a pas de lien contractuel direct avec le maître d'ouvrage. Il n'est donc pas tenu, à ce titre, de la garantie décennale, et l'obligation d'assurance décennale ne pèse pas sur lui pour ces chantiers.

Cela ne signifie pas qu'il ne risque rien. L'entreprise principale, condamnée sur le fondement de la garantie décennale, se retourne contre lui sur le terrain de la responsabilité contractuelle de droit commun, avec un délai de prescription propre. Un sous-traitant sans assurance de responsabilité civile adaptée se retrouve alors seul face à un recours.

Pour l'entreprise principale, la règle est symétrique et se traduit par une habitude administrative : collecter chaque année, avant le démarrage, l'attestation de chaque sous-traitant, et vérifier que les activités listées correspondent aux travaux confiés. Sans cette pièce, le recours existe en droit et ne vaut rien en pratique.

Ce que la dommages-ouvrage change pour le client, et pourquoi elle est ignorée

Le maître d'ouvrage qui fait construire ou réaliser des travaux de construction doit souscrire une assurance dommages-ouvrage avant l'ouverture du chantier. Cette obligation vise aussi bien le promoteur que le particulier qui fait bâtir sa maison.

Son intérêt est procédural. Elle préfinance la réparation des désordres relevant de la garantie décennale, sans attendre qu'une responsabilité soit établie, puis se retourne contre les constructeurs et leurs assureurs. Sans elle, le client attend l'issue d'une expertise et parfois d'un procès avant de voir un euro.

Le particulier qui construit pour lui-même n'encourt pas de sanction pénale s'il ne la souscrit pas, contrairement au professionnel. Il en supporte deux conséquences. La première est l'avance des travaux de reprise en cas de désordre. La seconde apparaît à la revente : le vendeur d'un bien de moins de dix ans doit indiquer dans l'acte si une dommages-ouvrage a été souscrite, et son absence pèse sur la transaction comme sur sa propre responsabilité envers l'acquéreur.

Ressources

Aller plus loin

Questions fréquentes

FAQ Décennale

Quels dommages relèvent de la décennale ?
Ceux qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, y compris sur un élément d'équipement indissociable. Les désordres esthétiques n'en relèvent pas.
Qu'est-ce que la dommages-ouvrage ?
Une assurance souscrite par le maître d'ouvrage, qui préfinance les réparations sans attendre la recherche de responsabilité, puis se retourne vers l'assureur du constructeur.
Que risque un professionnel non assuré ?
Le défaut d'assurance décennale constitue une infraction pénale, et le professionnel répond des dommages sur son patrimoine.
Le contrat se résilie-t-il facilement ?
Il se résilie à l'échéance annuelle, dans les conditions prévues au contrat. Vérifiez avant de partir que le nouveau contrat reprend l'ensemble de vos activités et qu'il prend effet sans interruption.
Une activité oubliée peut-elle être ajoutée en cours d'année ?
Oui, par avenant. L'ajout produit effet pour l'avenir : il ne couvre pas rétroactivement un chantier déjà réalisé hors périmètre.
Faut-il déclarer la sous-traitance ?
Oui. Le recours à des sous-traitants modifie l'appréciation du risque, et chaque sous-traitant doit disposer de sa propre garantie pour les travaux qu'il réalise.

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