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Garantie décennale

Garantie décennale

La garantie décennale rend le constructeur responsable, pendant dix ans, des désordres qui compromettent la solidité d'un ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Le délai démarre le lendemain de la signature du procès-verbal de réception (service-public.fr, fiche F2034, consultée en septembre 2026). Le constructeur doit être assuré dès l'ouverture du chantier. Et c'est ce contrat-là qui répond pendant dix ans, même s'il a été résilié depuis : un point qui change la façon de changer d'assureur.

Lecture 17 min · Rédigé par Claire Fontaine, Responsable éditoriale assurance

Comparer en 2 minutes Page Décennale

Ce qui décide sur ce contrat. Deux dates font la garantie : l'ouverture du chantier désigne le contrat qui répond, et la réception fait courir les dix ans ; entre les deux, la liste des activités déclarées décide de ce qui est couvert.

Garantie décennale : ce qui est couvert, ce qui reste dehors

La responsabilité décennale est posée par le code civil (article 1792) : tout constructeur répond de plein droit, envers le maître d'ouvrage, des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, y compris quand ils viennent d'un vice du sol. Elle s'étend aux éléments d'équipement indissociables de l'ouvrage, par exemple une canalisation encastrée. La responsabilité court dix ans à compter de la réception et suit l'ouvrage : un acheteur qui acquiert la maison en bénéficie. L'assurance décennale est le contrat qui finance cette responsabilité pour l'entreprise.

Restent dehors les défauts purement esthétiques, l'usure normale, le défaut d'entretien, les désordres signalés à la réception qui relèvent de la garantie de parfait achèvement, et les éléments d'équipement dissociables qui relèvent de la garantie de bon fonctionnement. La qualification d'un désordre relève au besoin du juge : aucun exemple ne se lit comme couvert à coup sûr.

À qui ce contrat s'adresse

  • artisan du bâtiment, en gros œuvre comme en second œuvre
  • entreprise générale et entreprise tous corps d'état
  • architecte, maître d'œuvre, bureau d'études
  • constructeur de maisons individuelles
  • particulier qui fait construire ou rénover, pour vérifier l'attestation et souscrire la dommages-ouvrage

L'article L241-1 du code des assurances oblige toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée à être couverte, et à le justifier à l'ouverture du chantier. Le statut juridique n'y change rien : micro-entrepreneur, entreprise individuelle ou société. L'obligation ne vise pas tous les ouvrages : l'article L243-1-1 en exclut une liste limitative, dont les ouvrages maritimes et fluviaux, les infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires et ferroviaires, les voiries, les parkings, les réseaux, les canalisations et les ouvrages de production d'énergie ou de télécommunications. Les attestations d'assurance sont jointes aux devis et aux factures (article L243-2), selon un modèle fixé par arrêté. De son côté, le maître d'ouvrage doit souscrire une assurance dommages-ouvrage (article L242-1). Le défaut d'assurance du constructeur est pénalement sanctionné.

ProfilStatutConséquence en cas de défaut
Constructeur, artisan, maître d'œuvreAssurance obligatoire, à justifier à l'ouverture du chantierSanctions pénales ; réparations à la charge de l'entreprise et parfois du dirigeant
Maître d'ouvrageDommages-ouvrage obligatoirePas de préfinancement des réparations ; revente plus délicate dans les dix ans
Sous-traitantPas constructeur envers le maître d'ouvrageResponsabilité contractuelle envers l'entreprise principale ; RC professionnelle à prévoir
Ouvrage de la liste de L243-1-1Hors obligation d'assuranceAssurance facultative ; la responsabilité peut subsister

Les garanties, et le chiffre qui les borne

Une garantie ne se juge pas sur son intitulé. Pour chacune, la troisième colonne est celle qui décide du montant que vous toucherez.

GarantieCe qui est couvertCe qui la borne
DécennaleSolidité et impropriété à destination, dix ans après réceptionActivités déclarées, montant de travaux par chantier
Parfait achèvementDésordres signalés à la réception ou dans l'année (article 1792-6)Un an, à la charge de l'entreprise
Bon fonctionnementÉléments d'équipement dissociables (article 1792-3)Deux ans au moins à compter de la réception
Responsabilité civile exploitationDommages causés aux tiers pendant le chantierPlafonds ; mode de déclenchement prévu au contrat
Dommages-ouvrage (maître d'ouvrage)Préfinancement des réparations de nature décennaleÀ souscrire avant le chantier ; délais légaux de l'assureur

Point de vigilance. Deux dates font la garantie : l'ouverture du chantier désigne le contrat qui répond, et la réception fait courir les dix ans ; entre les deux, la liste des activités déclarées décide de ce qui est couvert.

Les clauses qui décident vraiment

Ce sont elles qu'il faut chercher dans les conditions particulières, avant même de comparer les prix.

  • la liste des activités déclarées : un désordre sur une activité absente du contrat n'est pas garanti
  • la date d'ouverture du chantier, qui désigne le contrat compétent pour toute la durée de la responsabilité
  • le chiffre d'affaires déclaré et sa régularisation annuelle
  • les techniques non courantes, qui supposent une déclaration préalable à l'assureur
  • le montant de travaux plafonné par chantier, vite atteint sur une opération importante

Quel niveau de couverture selon votre situation

SituationNiveau conseilléGaranties à vérifier en priorité
Artisan seul, second œuvreDécennale mono-activitéActivités décrites avec précision, attestation jointe aux devis
Micro-entrepreneur qui démarreDécennale dès le premier chantierDate d'effet avant l'ouverture, activités réellement exercées
Entreprise tous corps d'étatDécennale multi-activitésSous-traitance, RC exploitation, plafonds par chantier
Constructeur de maisons individuellesDécennale et garanties propres au contrat de constructionPlafonds élevés, garantie de livraison

Ce qui fait le prix, et ce qui le fait baisser

Aucune moyenne de marché ne dit ce que vous paierez : la cotisation se construit sur votre dossier. Les critères qui pèsent, en revanche, sont connus.

  • les activités exercées, le gros œuvre et l'étanchéité pesant davantage que la peinture
  • le chiffre d'affaires déclaré, qui sert d'assiette
  • l'ancienneté de l'entreprise, l'expérience du dirigeant et l'historique de sinistres
  • le recours à la sous-traitance
  • les techniques et matériaux employés

Les leviers qui ne dégradent pas la protection

  • déclarer précisément les activités réellement exercées, ni plus ni moins
  • ajuster chaque année le chiffre d'affaires déclaré à la réalité
  • joindre l'attestation au devis pour éviter les litiges de paiement
  • mettre les contrats en concurrence à l'échéance, en contrôlant les dates d'ouverture des chantiers

Astuce. Comparez à garanties identiques. Pour une décennale, deux devis proches peuvent différer par la liste exacte des activités, le montant de travaux maximal par chantier ou le traitement des techniques non courantes.

Changer d'assureur sans trou de garantie

Au moment de changer d'assureur, une question revient : que deviennent les anciens chantiers ? Pour l'assurance décennale obligatoire, ce risque est traité par la loi. L'article L241-1 répute tout contrat souscrit à ce titre comporter une clause de maintien de la garantie pour la durée de la responsabilité décennale, nonobstant toute stipulation contraire. Les clauses types rattachent chaque chantier au contrat en vigueur à la date de son ouverture, qui le couvre pendant dix ans sans prime supplémentaire, même résilié. Le vrai risque est donc un chantier ouvert entre la fin de l'ancien contrat et le début du nouveau. La reprise du passé et la garantie subséquente concernent, elles, les garanties en base réclamation, comme une RC exploitation ou une RC professionnelle (article L124-5). La résiliation se fait à l'échéance, avec un préavis que la loi plafonne à deux mois (article L113-12).

Désordre signalé : comment faire jouer la garantie

Le maître d'ouvrage qui a souscrit une dommages-ouvrage lui déclare le désordre. L'article L242-1 encadre la réponse : soixante jours au plus pour prendre position, quatre-vingt-dix jours pour présenter une offre, délai qui peut être porté à cent trente-cinq jours avec l'accord de l'assuré, puis paiement dans les quinze jours de l'acceptation. Si l'assureur dépasse ces délais, l'assuré peut engager les réparations après l'en avoir informé, et l'indemnité est majorée d'intérêts au double du taux légal. Sans dommages-ouvrage, le maître d'ouvrage met en demeure le constructeur et son assureur, puis agit dans les dix ans de la réception. Côté entreprise, toute réclamation, mise en demeure ou assignation se transmet à l'assureur dès réception.

  • conserver procès-verbal de réception, devis, factures, attestations et photographies du chantier
  • déclarer le désordre par écrit, avec photos et date d'apparition
  • côté entreprise, transmettre sans délai courriers, mises en demeure et assignations
  • ne pas reconnaître seul sa responsabilité ni engager de reprise sans l'accord de l'assureur
  • noter la date d'ouverture de chaque chantier pour identifier le contrat compétent

La réception, acte unique qui déclenche tout

La réception est l'acte par lequel le maître d'ouvrage déclare accepter l'ouvrage, avec ou sans réserves (article 1792-6 du code civil). Cet acte intervient à l'amiable ou, à défaut, judiciairement, et il est toujours contradictoire.

La réception produit plusieurs effets. D'abord, elle fait démarrer les garanties légales : parfait achèvement pendant un an, bon fonctionnement des éléments dissociables pendant deux ans au moins, responsabilité décennale pendant dix ans ; selon service-public.fr, le délai court à partir du lendemain de la signature du procès-verbal. Ensuite, la garde de l'ouvrage passe au maître d'ouvrage. Et elle fait basculer le régime : avant, un désordre relève du contrat de travaux ; après, des garanties légales.

Sans procès-verbal, la réception reste à établir. Le juge peut la prononcer, et la jurisprudence admet sous conditions une réception tacite. Tant qu'elle n'est pas établie, les dix ans ne courent pas. Faire signer un procès-verbal protège donc l'entreprise autant que le client.

Les réserves méritent une lecture attentive. Les désordres réservés relèvent de la garantie de parfait achèvement, due par l'entreprise pendant un an. Une réserve ne s'éteint pas avec le temps. Et elle porte sur ce qu'elle décrit : réserver un défaut mineur ne protège pas contre un désordre majeur qui n'était pas visible.

Solidité et impropriété à destination : deux portes d'entrée

La première porte parle d'elle-même : fissuration structurelle, affaissement, effondrement partiel. La seconde est plus large. Un ouvrage qui tient debout mais qu'on ne peut plus utiliser normalement peut entrer dans le champ : infiltrations qui rendent une pièce inhabitable, défaut d'étanchéité répété, isolation qui manque à sa fonction.

Un élément d'équipement indissociable peut ouvrir la garantie s'il rend l'ouvrage impropre à sa destination. Notre lecture : la frontière tient moins à la gravité apparente du désordre qu'à l'usage qu'il empêche. La qualification relève au besoin du juge, au vu d'une expertise.

Quels travaux relèvent de la garantie décennale

La garantie vise la construction d'un ouvrage et ses éléments d'équipement indissociables. Elle ne se limite pas au neuf : des travaux sur un bâtiment existant peuvent en relever quand ils touchent à la solidité ou à la destination de l'ouvrage.

Selon les cas, une réfection de toiture, un ravalement avec isolation, la reprise d'un plancher ou un chauffage encastré peuvent relever de la décennale. À l'inverse, un simple remplacement de revêtement ou une peinture intérieure n'en relèvent en principe pas, sauf si les travaux compromettent l'usage de l'ouvrage.

Pour l'obligation d'assurance, l'article L243-1-1 exclut une liste d'ouvrages de génie civil et d'infrastructures. Pour un particulier qui fait réaliser des travaux chez lui, la règle pratique reste simple : demandez l'attestation dès que les travaux touchent au gros œuvre, à la toiture, à l'étanchéité, à l'isolation ou aux équipements encastrés.

Le chiffre d'affaires déclaré et la régularisation annuelle

Après la liste des activités, la ligne qui pèse le plus est le chiffre d'affaires déclaré. Il sert d'assiette à la cotisation et, ventilé par activité, il indique à l'assureur la part de gros œuvre, d'étanchéité ou de finitions.

Chaque année, l'assureur demande le chiffre d'affaires réalisé et régularise la cotisation. Une déclaration non renvoyée expose à une taxation d'office. Une prime régularisée impayée peut conduire à la suspension de la garantie, trente jours après une mise en demeure restée sans effet, puis à la résiliation dix jours plus tard (article L113-3).

La sous-déclaration a une sanction plus discrète. Lorsqu'une déclaration inexacte est constatée après un sinistre sans mauvaise foi, l'article L113-9 permet de réduire l'indemnité en proportion du taux des primes payées par rapport à celui qui aurait été dû. Une entreprise qui a déclaré la moitié de son activité peut donc voir son indemnité réduite dans les mêmes proportions.

S'y ajoute le montant de travaux maximal par chantier. Avant de signer un marché nettement plus important que d'habitude, écrivez à l'assureur pour vérifier qu'il entre dans le contrat, et gardez sa réponse.

L'attestation, ce que le document dit et ce qu'il ne dit pas

L'attestation d'assurance décennale suit un modèle fixé par arrêté (article L243-2), ce qui facilite sa lecture. Quatre informations décident de sa valeur : la période de validité, qui doit couvrir la date d'ouverture du chantier ; la liste des activités garanties ; les montants et limites par chantier ; l'identité exacte de l'entreprise, numéro d'immatriculation compris.

Le document ne dit pas tout. Il ne prouve pas que la cotisation a été payée depuis sa délivrance, ni que les travaux confiés entrent dans les activités mentionnées. La comparaison avec le devis reste à faire, ligne par ligne.

En cas de doute sur l'authenticité ou la validité du document, le maître d'ouvrage peut interroger l'assureur qui y figure. Côté entreprise, joindre l'attestation au devis, comme le prévoit la loi, place le document avant l'engagement du client.

Démarrer une activité : trouver une décennale sans antécédent

Une entreprise qui se crée se heurte à un paradoxe : la loi impose la décennale dès le premier chantier, et l'assureur n'a pas d'historique à examiner. L'examen porte alors sur l'expérience du dirigeant : diplômes, années de pratique dans le métier, certificats de travail, qualifications.

En cas de refus, le Bureau central de tarification peut être saisi. Son rôle est de fixer la prime moyennant laquelle l'assureur sollicité est tenu de garantir le risque, et il peut fixer une franchise (article L243-4). Il ne choisit pas un assureur à votre place.

Trois précautions valent pour tout créateur. Ne commencez aucun chantier avant la date d'effet du contrat. Déclarez les activités que vous exercerez vraiment dans l'année. Et ne travaillez pas sans décennale le temps de constituer une trésorerie : au-delà de la sanction pénale, dix ans de responsabilité resteraient à votre charge.

Sous-traitance et techniques non courantes, deux angles morts

Le sous-traitant n'a pas de contrat avec le maître d'ouvrage : il n'est pas constructeur envers lui au sens de l'article 1792. Il répond en revanche envers l'entreprise principale, qui peut se retourner contre lui. Sa protection adaptée est une responsabilité civile professionnelle couvrant son activité.

L'entreprise principale, elle, répond devant le maître d'ouvrage des travaux de ses sous-traitants. Une attestation périmée ou décrivant une autre activité laisse le risque entier sur elle.

Second angle mort : les contrats couvrent les travaux réalisés selon les règles de l'art et les techniques courantes. Un procédé innovant ou un matériau hors référentiel technique suppose une déclaration préalable à l'assureur, et parfois un avis technique. Cette condition figure aux conditions générales, pas dans le tableau des garanties.

  • recueillir l'attestation de chaque sous-traitant avant son intervention
  • vérifier que l'activité mentionnée correspond aux travaux confiés
  • contrôler la période de validité à chaque nouvel exercice
  • signaler par écrit à l'assureur, avant le chantier, tout procédé nouveau, et garder la réponse

Cesser son activité : dix ans de responsabilité, et le contrat qui la suit

Une entreprise s'arrête ; sa responsabilité continue. Elle court dix ans après la réception de chaque chantier, indépendamment de l'existence de l'entreprise, et la radiation ne l'efface pas.

Le contrat, lui, ne laisse pas de vide pour les chantiers déjà ouverts : l'article L241-1 maintient la garantie pour la durée de la responsabilité décennale, sans prime supplémentaire. Aucune garantie subséquente à négocier ni prime unique à payer pour ces chantiers, contrairement à une idée répandue.

Deux situations demandent une attention particulière. La cession d'entreprise : l'acquéreur reprend l'activité, et la répartition des responsabilités passées s'écrit dans l'acte. La liquidation : le maître d'ouvrage se tourne vers l'assureur du contrat en vigueur à l'ouverture de son chantier. Un artisan qui prépare sa retraite garde donc la liste de ses chantiers des dix dernières années, avec leurs dates d'ouverture et de réception, et les contrats correspondants.

Côté client : ce qu'il faut exiger, et ce qu'il faut faire du document

Pour un particulier qui fait réaliser des travaux, l'attestation est un outil de sélection, à condition de s'en servir.

Demandez-la avec le devis, y compris pour des travaux qui paraissent modestes. Comparez ensuite l'activité mentionnée avec les travaux prévus : un couvreur assuré en couverture qui construit une véranda n'est pas nécessairement couvert pour cette véranda. Ce contrôle ne demande aucune compétence technique.

Pensez à votre propre obligation : la dommages-ouvrage, à souscrire avant le chantier. Son absence prive du préfinancement des réparations et peut compliquer une revente dans les dix ans, puisque la garantie suit l'ouvrage et se transmet aux propriétaires successifs.

Enfin, conservez tout : devis, factures, attestations, procès-verbal de réception, photos du chantier en cours. Quand une fissure apparaît huit ans plus tard, ce dossier permet de prouver qui a fait quoi, et quand.

Questions fréquentes

Comment fonctionne la garantie décennale ?
Le constructeur répond pendant dix ans, à compter de la réception, des désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (article 1792 du code civil). Son assurance, obligatoire, finance les réparations. Le maître d'ouvrage peut aussi s'appuyer sur sa dommages-ouvrage, qui préfinance les travaux puis se retourne contre l'assureur du constructeur.
Comment faire jouer la garantie décennale ?
Avec une dommages-ouvrage, déclarez le désordre à cet assureur, qui dispose de délais légaux pour répondre (article L242-1). Sans elle, mettez en demeure le constructeur et son assureur par écrit, en joignant photos, procès-verbal de réception et attestation. L'action doit être engagée dans les dix ans de la réception.
L'attestation décennale suffit-elle à prouver la couverture ?
Elle prouve l'existence d'un contrat à une date, pas son étendue. Comparez les activités qu'elle mentionne avec les travaux du devis, vérifiez que la période de validité couvre la date d'ouverture du chantier, et interrogez l'assureur en cas de doute.
Un auto-entrepreneur du bâtiment doit-il une décennale ?
Oui, dès lors que ses travaux peuvent engager sa responsabilité décennale : le statut ne change rien à l'obligation de l'article L241-1. Seuls les ouvrages de la liste de l'article L243-1-1 sont hors obligation.
Dommages-ouvrage et décennale : quelle différence ?
La dommages-ouvrage est souscrite par le maître d'ouvrage et préfinance les réparations sans attendre de décision sur les responsabilités. La décennale est souscrite par le constructeur et supporte la charge définitive. Les deux sont obligatoires et se complètent.
Que se passe-t-il en cas d'activité non déclarée ?
Un désordre survenu sur une activité absente du contrat n'est pas garanti par l'assureur. La réparation reste à la charge de l'entreprise, et le client perd la sécurité de l'assurance. D'où l'intérêt, pour les deux parties, de lire l'attestation contre le devis.

Ce qu'il faut retenir

Reprenez vos conditions particulières et vérifiez un seul point avant tout le reste : deux dates font la garantie : l'ouverture du chantier désigne le contrat qui répond, et la réception fait courir les dix ans ; entre les deux, la liste des activités déclarées décide de ce qui est couvert. Si ce point est réglé, le reste du contrat se compare vite.

Où vérifier par vous-même

Les textes applicables sont publics : le Code des assurances et les lois citées sont consultables sur Légifrance, les démarches sur service-public.fr. L'agrément d'un assureur se vérifie auprès de l'ACPR.