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Taux assurance vie

Le taux publié en 2026 est le rendement servi sur le fonds en euros au titre de 2025 : 2,63 % en moyenne sur les contrats individuels, net des prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux, selon l'ACPR. Ce chiffre est constaté, pas promis. Ce que l'assureur garantit, c'est le capital versé et les intérêts déjà crédités, rien d'autre. Et le taux le plus élevé d'un catalogue se paie souvent par une part d'unités de compte, qui ne sont pas garanties.

Des assureurs vie à mettre en concurrence

Notre choix

1. MAAF

Mutuelle née de l'assurance des artisans et des commerçants, la MAAF s'est ouverte à tous les profils sans lâcher son réseau d'agences. Elle fait partie du groupe Covéa, aux côtés de MMA et de la GMF.

4.4/5

2. MACIF

Mutuelle fondée par des commerçants et des industriels, la MACIF vend en direct depuis ses points d'accueil et son site, sans agent commissionné. Elle pilote aujourd'hui le groupe Aéma, qui réunit aussi Aésio et Abeille Assurances.

4.3/5

3. Allianz

Filiale française d'un groupe allemand, Allianz a absorbé les AGF et distribue principalement par agents généraux et courtiers. Son centre de gravité, c'est l'épargne, la prévoyance et les risques d'entreprise.

4.0/5

4. Generali

Assureur italien fondé à Trieste, Generali travaille en France surtout par courtiers et agents plutôt qu'en direct. Il porte le risque de nombreux contrats d'assurance vie distribués sous d'autres marques.

3.9/5

Cette liste sert à demander des propositions, pas à désigner un contrat. Le taux servi se lit contrat par contrat et année par année ; un nom d'assureur ne suffit pas à le prédire.

Ce que le taux recouvre en assurance vie

Le mot taux circule beaucoup sur ce produit, et il ne désigne pas toujours la même chose. Sur le fonds en euros, il s'agit du taux de revalorisation servi au titre d'une année écoulée, annoncé l'année suivante. C'est un résultat, avec une date. Trois précisions permettent d'en faire quelque chose :

  • Le taux publié est net des prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux : la somme qui arrive sur votre contrat n'est donc pas celle du communiqué.
  • Les unités de compte n'ont pas de taux, mais une performance constatée après coup, qui peut être négative.
  • Le taux et les frais se lisent ensemble, et sur la durée de détention réelle du contrat, pas sur une seule année.

Le taux bonifié : un supplément payé en risque

Beaucoup de contrats affichent un taux supérieur à la moyenne, et la condition figure en petits caractères : une part minimale de versements en unités de compte, parfois assortie d'une durée d'engagement. Le supplément est donc réel, mais il n'est pas gratuit. La part investie en unités de compte n'est pas garantie en capital, et l'écart de rendement obtenu sur le fonds en euros peut être effacé par une baisse sur ces supports. L'ACPR chiffre l'ampleur de ce mécanisme : l'écart dû aux offres commerciales et aux bonifications représente au minimum 0,4 point de pourcentage autour du taux moyen tous contrats confondus. Trois éléments se vérifient avant d'y souscrire. La part d'unités de compte exigée, exprimée en pourcentage du versement et parfois de l'encours total. La durée pendant laquelle la bonification est servie, souvent limitée à un ou deux exercices. Et le sort du taux une fois cette période écoulée, qui redevient le taux standard du contrat sans que personne vous prévienne. À notre lecture, le bonus vaut pour un épargnant qui aurait de toute façon investi une part en unités de compte. Pour celui qui cherche une garantie en capital, il déplace le risque plus qu'il n'augmente le rendement. Une remarque de bon sens pour finir : un demi-point de bonification sur un quart du versement ne fait pas un demi-point sur le versement entier.

Traduire un pourcentage en euros sur la durée

Un pourcentage ne devient une décision qu'une fois traduit en euros, sur la durée réelle de détention. Voici une illustration arithmétique, construite sur des hypothèses assumées et non sur une prévision de rendement. Prenons 50 000 euros versés sur un fonds en euros, et supposons un taux servi constant sur huit ans, avant prélèvements sociaux. À 2,63 %, le capital atteint environ 61 541 euros. À 2,13 %, soit un demi-point de moins, il atteint environ 59 183 euros. L'écart est de 2 358 euros, pour un demi-point et une seule décision prise à l'ouverture. C'est ce calcul, et non le classement d'une année, qui dit ce que vaut un écart de taux. Refaites-le sur votre montant et votre horizon : il tient en trois lignes de tableur. Deux prolongements rendent l'exercice honnête. Il y a d'abord les prélèvements sociaux, qui viennent chaque année sur les intérêts du fonds en euros et réduisent la base sur laquelle les intérêts suivants sont calculés. Viennent ensuite les frais sur versement, qui amputent le capital de départ : 3 % prélevés à l'entrée sur 50 000 euros retirent 1 500 euros au capital qui travaille, et ce retard ne se rattrape pas. Un contrat sans frais sur versement part donc avec une avance que l'écart de taux ne comble pas toujours. Le sens de l'exercice n'est pas de prédire un capital. Il est de donner un ordre de grandeur à une différence qui, exprimée en points de pourcentage, paraît négligeable.

Les frais, seconde facture du contrat

Le rendement se lit toujours après frais, et les frais se prélèvent chaque année, y compris les années de baisse. Quatre lignes méritent d'être relevées avant de signer :

  • Les frais sur versement, qui amputent le capital investi dès le premier euro.
  • Les frais de gestion sur encours, prélevés annuellement : l'ACPR relève une moyenne de 0,63 % sur les contrats individuels en 2025.
  • Les frais d'arbitrage, dus à chaque mouvement entre supports.
  • Les frais de gestion pilotée, lorsque l'allocation est déléguée, qui s'ajoutent aux précédents et se cumulent avec les frais courants des supports retenus par le gestionnaire.

Taux assurance vie en 2025 : les repères publiés par l'ACPR

Commençons par le chiffre officiel. Il manque à la plupart des palmarès, et c'est pourtant le seul repère public. Dans sa publication Analyses et synthèses n° 180, parue le 30 juin 2026, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution relève un taux de revalorisation moyen de 2,63 % au titre de 2025 sur les supports en euros des contrats individuels d'assurance vie et de capitalisation, nets de prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux. Le même taux avait été servi au titre de 2024.

Du côté des contrats collectifs à dominante retraite, le taux atteint 2,64 %, en hausse de 11 points de base par rapport à 2024. L'ACPR attribue cette stabilité à l'amélioration du rendement des actifs des assureurs et à une reprise partielle de la provision pour participation aux bénéfices.

Le chiffre qui intéresse vraiment un épargnant n'est pourtant pas la moyenne, c'est la dispersion autour d'elle. L'ACPR l'indique : l'écart dû aux offres commerciales et aux bonifications représente au minimum 0,4 point de pourcentage par rapport au taux moyen tous contrats confondus. Autrement dit, la question utile n'est pas de savoir si votre contrat est au-dessus ou en dessous de 2,63 %, mais pourquoi il s'en écarte et à quelle condition.

Deux autres repères de la même publication éclairent la suite. Les chargements de gestion s'établissent en moyenne à 0,63 % sur les contrats individuels, contre 0,47 % sur les contrats collectifs. Et le taux technique moyen, c'est-à-dire le rendement minimum contractuellement garanti, ressort à 0,32 % sur l'individuel en 2025, contre 0,35 % en 2024. Ce dernier chiffre remplace avantageusement l'idée courante selon laquelle les contrats n'auraient plus de taux minimum garanti : il en reste un, il est simplement très bas.

À lire aussi : assurance vie · fonctionnement d'un contrat d'assurance vie

Fonds en euros ou unités de compte : le tableau

Un contrat d'assurance vie n'est pas un placement, c'est une enveloppe qui en contient plusieurs. La ligne de partage passe entre le fonds en euros et les unités de compte, et presque toutes les erreurs de lecture viennent de là.

CritèreFonds en eurosUnités de comptePour qui
Garantie du capitalCapital versé et intérêts crédités acquis définitivementAucune garantie : la valeur suit celle des supportsLe fonds en euros pour une épargne de précaution
Nature du chiffre affichéTaux de revalorisation servi au titre d'une année écouléePerformance constatée, éventuellement négativeLe fonds en euros si vous voulez un repère lisible
Risque de perteNul sur le capital, hors frais sur versementRéel, y compris en capitalLes unités de compte sur un horizon long et assumé
FraisFrais de gestion du contrat, déjà déduits du taux publiéFrais du contrat plus frais courants du supportLe fonds en euros pour la simplicité de lecture
Prélèvements sociauxRetenus chaque année sur les intérêts créditésDus au rachat, sur les gains constatésÀ intégrer au calcul dans les deux cas
DisponibilitéRachat partiel ou total à tout momentRachat possible, à la valeur du jourÉgalité sur le principe, pas sur le montant récupéré
Document à lireConditions générales et notice d'informationDocument d'informations clés du supportÀ exiger avant tout versement
Horizon conseilléCourt à moyen termeLong termeVotre horizon tranche, pas le taux affiché

À lire aussi : unité de compte

Ce que l'assureur garantit réellement

Sur un fonds en euros, la garantie porte sur le capital, pas sur le rendement. Les sommes versées et les intérêts déjà crédités sont acquis définitivement. C'est l'effet cliquet, et c'est la vraie caractéristique de ce support : une année médiocre ne reprend pas les gains des années précédentes.

Le taux minimum garanti, lorsqu'il existe, est un engagement de rendement plancher, pris pour une durée limitée et encadré par la réglementation. Il n'a pas disparu : l'ACPR mesure un taux technique moyen de 0,32 % sur les contrats individuels en 2025. Le niveau est simplement trop bas pour orienter une décision à lui seul.

La participation aux bénéfices complète le dispositif. L'assureur doit redistribuer aux assurés une part de ses résultats techniques et financiers. Il peut en porter une fraction à la provision pour participation aux bénéfices, qui sert à lisser les exercices suivants. Cette réserve n'est pas un solde perdu : l'article A132-16 du code des assurances impose de l'affecter aux engagements des contrats dans un délai maximal de quinze ans.

C'est ce mécanisme de réserve qui explique qu'un même assureur puisse servir un taux stable pendant plusieurs années tandis qu'un autre alterne bonnes et mauvaises surprises. Un pic isolé n'est donc pas forcément une bonne nouvelle : il peut signaler une réserve que l'on vide.

Le taux affiché n'est pas le taux que vous toucherez

Trois écarts séparent le chiffre publié de ce qui arrive sur votre contrat.

Les prélèvements sur encours d'abord. Ils sont déjà déduits du taux annoncé, mais ils diffèrent d'un contrat à l'autre chez le même assureur. Avec une moyenne de 0,63 % relevée par l'ACPR sur les contrats individuels en 2025, un écart de frais de quelques dixièmes de point entre deux contrats d'un même assureur se traduit directement dans le taux servi. Un chiffre communiqué au niveau d'un fonds général ne préjuge donc pas de celui de votre contrat.

Les prélèvements sociaux ensuite. Sur le fonds en euros, ils sont retenus à la source, chaque année, sur les intérêts crédités. Le taux publié est brut de ces prélèvements. Leur niveau est à vérifier à la date de votre versement : en 2026, le registre de corrections du site retient un taux de 17,2 % maintenu pour l'assurance vie, alors que le taux général des prélèvements sociaux sur les revenus du capital passe à 18,6 %.

La condition d'accès enfin. De nombreux contrats réservent leur meilleur taux aux versements comportant une part minimale d'unités de compte. Ce bonus se paie en risque, puisque le capital investi en unités de compte n'est pas garanti.

Le chiffre à retenir est donc celui servi sur votre contrat, votre allocation et votre année. Pas celui du communiqué de presse. Demandez-le par écrit.

Les unités de compte n'ont pas de taux

Une unité de compte n'affiche pas un taux mais une performance, constatée après coup, sans garantie de capital. La confusion est fréquente. Elle est aussi coûteuse, parce qu'elle conduit à comparer un rendement garanti en capital avec un résultat qui peut être négatif.

Deux niveaux de frais s'appliquent par ailleurs à ces supports. Ceux du contrat, prélevés par l'assureur sur l'encours, et les frais courants du fonds lui-même, déjà déduits de la valeur liquidative affichée. La performance nette réelle intègre les deux, et l'écart entre deux supports d'une même catégorie tient souvent davantage à ces frais qu'à la gestion.

Le document d'informations clés de chaque support indique ses frais courants et son indicateur de risque. C'est la pièce à lire avant toute comparaison de performances, et elle se demande avant le versement, pas après.

Un point de méthode pour finir : comparer la performance d'une unité de compte au taux du fonds en euros n'a pas de sens sur une seule année. La comparaison n'en prend qu'au regard d'un horizon de détention et d'un niveau de risque accepté. Sur douze mois, un support actions peut battre le fonds en euros de dix points ou lui céder autant, sans que l'un ou l'autre résultat dise quoi que ce soit du contrat. Ce que vous comparez alors, c'est un marché, pas une offre d'assurance. La seule donnée vraiment imputable au contrat reste le couple frais et conditions d'accès aux supports.

Ce qui se compare vraiment d'un contrat à l'autre

La régularité du fonds en euros sur plusieurs exercices dit davantage que le taux d'une seule année. Demandez les taux servis sur ce contrat précis au titre des cinq derniers exercices, pas la moyenne du fonds général de l'assureur.

Les frais ensuite, sur le fonds en euros comme sur les unités de compte, puisqu'ils s'appliquent chaque année à un capital croissant et amputent la performance composée. Le repère de l'ACPR, 0,63 % en moyenne sur les contrats individuels en 2025, permet de situer une proposition.

La gamme de supports disponibles, y compris les fonds indiciels à frais courants faibles, qui décide de ce que vous pourrez construire dans dix ans, pas seulement aujourd'hui.

Les conditions d'accès au taux bonifié enfin, avec la part d'unités de compte exigée et la durée pendant laquelle l'engagement court. Une bonification annoncée sans sa condition n'est pas une information, c'est une accroche.

Un dernier critère échappe aux comparateurs : la qualité du service. Délai de traitement d'un versement libre, possibilité d'arbitrer en ligne sans frais, clarté du relevé annuel, capacité à obtenir par écrit le taux servi sur votre contrat. Ces éléments ne se chiffrent pas, mais ils décident de ce que vous pourrez faire de votre contrat pendant vingt ans. Demandez un relevé type avant d'ouvrir : un relevé illisible en dit long sur le reste.

À lire aussi : avantages de l'assurance vie

Transférer son contrat sans perdre l'antériorité fiscale

Un contrat ancien mal servi pose un problème particulier : le quitter fait perdre son ancienneté fiscale, qui se compte depuis la première souscription. La loi n° 2019-486 du 22 mai 2019, dite loi PACTE, a ouvert une voie intermédiaire. Elle permet, sous conditions, de transformer un contrat d'assurance vie en un autre contrat chez le même assureur sans que l'opération soit traitée fiscalement comme un dénouement, ce qui préserve l'antériorité. Le régime figure à l'article 125-0 A du code général des impôts et ses conditions se vérifient avant toute demande.

La limite est nette : cette faculté joue chez le même assureur. Changer de compagnie suppose un rachat, puis l'ouverture d'un nouveau contrat dont l'ancienneté repart de zéro.

Le calcul à faire avant de bouger tient donc en deux termes : ce que l'écart de taux et de frais rapporte sur votre horizon, face à ce que coûte la perte d'ancienneté au moment où vous prévoyez de racheter. Sur un contrat qui a déjà dépassé huit ans, le second terme pèse souvent plus lourd qu'on ne l'imagine.

Une solution intermédiaire existe et se pratique couramment : ouvrir un nouveau contrat chez un autre assureur pour les versements à venir, tout en conservant l'ancien. L'ancienneté du premier continue de courir, le second commence la sienne, et vous répartissez les rachats futurs entre les deux selon leur fiscalité respective. Cela suppose de suivre deux contrats au lieu d'un, ce qui n'est pas rien, mais aucune antériorité n'est perdue.

La fiscalité n'est pas un taux, mais elle en mange une part

Sur le fonds en euros, les prélèvements sociaux sont dus chaque année sur les intérêts crédités, indépendamment de tout rachat. Ce point est souvent ignoré : une assurance vie n'est pas une enveloppe totalement en franchise pendant la phase d'épargne.

L'imposition des gains intervient au rachat, et seulement sur la part de gains comprise dans le retrait, jamais sur le capital. Après huit ans de détention, un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune s'applique sur ces gains. Attention à la portée exacte de cet avantage : l'abattement ne joue que sur l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus sur la totalité des produits.

Un autre seuil mérite une lecture attentive. Le seuil de 150 000 euros, qui conditionne l'application du prélèvement forfaitaire réduit aux produits des primes versées depuis le 27 septembre 2017, s'apprécie sur l'ensemble des primes nettes détenues par l'assuré au 31 décembre de l'année précédente, quelle que soit leur date de versement. Seule l'application du barème réduit est réservée aux primes postérieures à cette date.

Conséquence pratique sur les rachats : étaler des retraits sur plusieurs années permet d'utiliser l'abattement annuel plusieurs fois, ce qui réduit l'impôt sur le revenu dû lorsque les gains dépassent l'abattement. L'économie disparaît si vos gains restent en deçà du seuil, et elle ne concerne jamais les prélèvements sociaux. Faites le calcul avant de retirer. Pas après.

Enfin, l'ancienneté fiscale court depuis l'ouverture du contrat, pas depuis les versements. Ouvrir tôt un contrat, même faiblement alimenté, fait courir l'horloge : c'est la décision la moins coûteuse de tout ce dossier.

À lire aussi : fiscalité de l'assurance vie

Le taux ne dit rien de la clause bénéficiaire

La clause bénéficiaire décide de qui reçoit le capital au décès. Elle échappe largement aux règles de la succession. Aucun taux ne compense une clause mal rédigée.

Sa modification n'est pas toujours libre, contrairement à ce qu'on lit souvent. Tant que le bénéficiaire n'a pas accepté le bénéfice du contrat, le souscripteur peut la changer par simple avenant. Après acceptation, l'article L132-9 du code des assurances rend son accord nécessaire, et la marge de manœuvre se referme.

Une précision utile sur la rédaction : l'article L132-8 valide expressément la désignation de bénéficiaires sans qu'ils soient nommément désignés, dès lors qu'ils sont suffisamment définis. La formule classique, mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers, est donc valable. Elle se met à jour toute seule au fil des événements familiaux.

Relisez cette clause à chaque changement de situation, mariage, divorce, naissance, recomposition familiale. C'est cinq minutes, et c'est la partie du contrat qui produit le plus d'effets le jour où elle sert.

À lire aussi : clause bénéficiaire et succession

Les questions à poser avant de signer

Quatre questions écrites suffisent à trier des propositions qui se ressemblent sur le papier. Posez-les par courriel, et gardez les réponses.

Quel taux a été servi sur ce contrat précis au titre de chacun des cinq derniers exercices, et non sur le fonds général de l'assureur ?

Quels sont les frais sur versement, les frais de gestion sur le fonds en euros, sur les unités de compte, et les frais d'arbitrage ?

À quelle condition exacte le taux bonifié est-il servi : quelle part d'unités de compte, sur quels versements, pendant combien de temps ?

Quels supports sont accessibles, et le contrat propose-t-il des fonds indiciels à frais courants faibles ?

Écartez sans regret la proposition qui laisse l'une de ces questions sans réponse écrite, quel que soit le taux affiché en première page.

À lire aussi : guide de l'assurance vie · demander une proposition

Sortir d'un contrat : renonciation, rachat, transfert

Un point de vocabulaire, parce qu'il évite des erreurs coûteuses. Une assurance vie ne se résilie pas comme un contrat auto ou habitation. Les dispositifs habituels ne s'y appliquent pas. La résiliation annuelle à l'échéance de l'article L113-12 exclut expressément les assurances sur la vie. L'information Chatel sur la date limite de résiliation, prévue à l'article L113-15-1, ne s'y applique pas davantage, pas plus que la résiliation pour changement de situation de l'article L113-16, ni la renonciation après démarchage de l'article L112-9.

Trois voies existent en revanche. La renonciation d'abord, dans le délai propre à l'assurance vie prévu par l'article L132-5-1 du code des assurances, qui court après la souscription et permet de récupérer les sommes versées. Le rachat ensuite, partiel ou total, à tout moment, avec la fiscalité décrite plus haut. Le transfert enfin, dans les conditions de la loi PACTE, chez le même assureur.

Retenez la hiérarchie. La sortie d'un contrat d'assurance vie est une décision fiscale avant d'être une décision de rendement.

Un taux d'assurance vie se compare sur le même contrat, la même année et la même allocation. Sorti de ce cadre, il ne mesure rien. Le repère officiel existe, 2,63 % au titre de 2025 selon l'ACPR, et il sert surtout à situer une proposition, pas à choisir : ce qui décide, ce sont les frais, les conditions du bonus et votre horizon de détention.

Questions fréquentes

Quel est le taux moyen d'une assurance vie en 2025 ?
2,63 % en moyenne sur les supports en euros des contrats individuels au titre de 2025, nets de prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux, selon la publication Analyses et synthèses n° 180 de l'ACPR, parue le 30 juin 2026. Le même taux avait été servi au titre de 2024. Sur les contrats collectifs à dominante retraite, le taux atteint 2,64 %.
Le taux annoncé est-il garanti pour l'année suivante ?
Non. Le taux de revalorisation est constaté au titre d'une année écoulée et annoncé après coup. Ce qui est garanti, c'est le capital versé et les intérêts déjà crédités. Le seul engagement de rendement possible est le taux technique, dont l'ACPR relève une moyenne de 0,32 % sur les contrats individuels en 2025.
Qu'est-ce que l'effet cliquet ?
Le mécanisme par lequel les intérêts crédités sur un fonds en euros sont acquis définitivement. Une année de rendement faible ne peut pas reprendre les gains des années précédentes, et le capital ne baisse pas du fait des marchés. Cette garantie ne porte que sur le fonds en euros, jamais sur les unités de compte.
Le taux publié est-il net de tout ?
Non. Il est net des prélèvements sur encours du contrat, mais brut de prélèvements sociaux, qui sont retenus chaque année sur les intérêts du fonds en euros. Il ne tient pas compte non plus des frais sur versement, ni des frais d'arbitrage, ni de la fiscalité due au rachat.
Pourquoi certains contrats promettent-ils un taux supérieur ?
Parce que le supplément est conditionné, le plus souvent à une part minimale de versements en unités de compte, parfois assortie d'une durée d'engagement. L'ACPR chiffre l'ampleur du phénomène : l'écart dû aux offres commerciales et aux bonifications atteint au minimum 0,4 point de pourcentage autour du taux moyen tous contrats confondus. La part en unités de compte n'est pas garantie en capital.
Les unités de compte ont-elles un taux ?
Non. Elles affichent une performance constatée après coup, qui peut être négative, et leur capital n'est pas garanti. Deux niveaux de frais s'y appliquent : ceux du contrat et les frais courants du support. Le document d'informations clés du support donne ces frais et son indicateur de risque.
Comment se calcule le rendement d'une assurance vie ?
Sur le fonds en euros, l'assureur applique au capital investi le taux de revalorisation servi au titre de l'année, après prélèvements sur encours, puis retient les prélèvements sociaux sur les intérêts crédités. Sur les unités de compte, le rendement est la variation de valeur des supports, frais courants déduits. Le rendement du contrat est la moyenne des deux, pondérée par votre allocation.

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